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Les saisons

Je me reveille tôt ce Dimanche, posée à ma fenêtre, j’observe mon quartier plutôt bruyant à cette heure-ci. Notre voisine, de toute sa voix, nous lance “Le printemps nous montre son nez!! “, sans nous epargner ses sautillements sur le balcon d’en face… Son mari, indifferent, range son journal et rentre retrouver sa chaise en bois à l’intérieur. Indifferent, juste comme moi…

Cette saison tant admirée et tant attendue à cause des ses fleurs, de son genereux soleil et de la bonne humeur qu’elle porte avec elle.

Moi, comme mon vieux voisin, je remarque le changement de la nature du monde, sans pour autant negliger le changement de mon monde à moi. Mes saisons se reglent selon une horloge interieur, et je suis quasiment toujours en decalage par rapport aux autres. En fait, toutes les saisons peuvent me rendre visite en une seule journée, et parfois une seule vient me tenir compagnie.

Elle sautillait toujours la dame, elle me souriait et me faisait de grands signes en me montrant ses lilas. Je lui sourie d’un sourire pas tres convinquant. Elle ne remarquera rien d’un balcon à l’autre. En tout cas ses lilas etaient magnifiques, j’essayais d’en faire pousser dans mon monde, tout au fond de moi. Jusqu’à maintenant il n’y avait pas eu beaucoup de soleil pour les voir grandir…

Mon balcon se tenait majestueusement assez haut pour pouvoir observer la côte à l’horizon. La mer etait calme et immense. Elle me semblait tellement profonde, tellement lointaine aujourd’hui. Elle me paraissait interminable.

Le monde reel. Tellement beau. Tellement reel. Il est tellement reel qu’il me blesse. Il est tellement cassant qu’il m’empeche de rendre vie à mon propre monde. Ce monde au fond de moi, où la pluie et le brouillard semblent avoir pris refuge.

Tout au bout de cette côte se trouve mon printemps. Je le ressens tellement. Il m’est cependant difficile de le toucher… Il est impossible, inaccessible, intouchable.

La voisine venait de sortir ses coquelicots à présent. Je pris ma tasse de café et rentra aussitôt retrouver ma couette. Un orage approchait, le ciel etait ensoleillé, cependant, en moi les saisons se bousculaient…

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