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La joueuse de flûte de la nuit

La mélodie de la flûte en bois résonnait dans le vide. Il était 5h du matin, le ciel dormait sur son coussin de nuage. Je jouais de la flûte depuis mon jeune âge, je le faisais toujours à l’aube, sur ma terrasse, donnant vers le reste de la ville. Je jouais pour les lumières des révérbères fatiguées, pour le chat de la rue voisine, pour les fenêtres bleues des ruelles et pour les beaux yeux de la galaxie.

Cette mélodie avait pour mythe d’attirer les belles âmes. Il s’agissait d’une ancienne histoire que me racontait mon grand-père: “Ce chant, ma puce, attire les âmes que ton coeur reconnait, les plus belles âmes, aussi belle que la tienne… en écoutant ces notes de musique, tu envoûteras l’âme qui t’as envoûtée dans un autre monde.”

J’adore ce mythe, le seul fait de penser à ces mots, ma vie gagne du sens, mon coeur bat à la vie. Dès fois même, je restais clouée sur ma chaise en paille, observant les maisons éteintes, attendant une lumière provenant de la nuit.

Dès fois, je marchais dans les ruelles tout en jouant de la flûte, en pleine foule. Curieuse de voir qui tendra l’oreille, curieuse de voir qui portera ses yeux à moi dans cet immense brouhaha.

J’étais la joueuse de flûte de la nuit qui faisait son apparition en plein jour. Et ma flûte portait toujours ses notes vers la ruelle du quartier adjacent. Vers cet ancien immeuble, au troisième étage, cet appartement avec des fenêtres bleues.

Une belle âme ne se cache jamais, et même si elle le fait, la galaxie sait comment la guider pour retrouver ce qu’elle a perdu.

Lorsque la familiarité jaillit de l’étrangeté, soyez sûr que la joueuse de flûte de la nuit est passée, et que des âmes ont été reveillées de leur profond sommeil, pour enfin se reconnaitre, malgré les corps et les visages que l’on voit pour la première fois. Avec certaines âmes, il n’y a pas de première fois, il n’y a que des retrouvailles des âmes.

 

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Les deux valises

Deux valises bleues à mes pieds, j’attendais sur le quai. Les mouettes envahissaient le ciel clair en ce soir d’été. Elles disaient adieu à leurs façons. J’observais les derniers au revoir, les derniers regards mouillés, les dernières paroles s’achever. J’observais, assise sur un banc, deux valises bleues à mes pieds.

Sur ce même banc, on était deux, attendant que l’ancre du bateau se fixe au port. On n’observait pas les voyageurs, on observait le ciel. Le soleil s’appretait à se coucher, et nous à partir à sa rencontre. Je riais, mes joues rouges au rayon du soleil couchant, j’attendais la première étoile du soir. Lorsque je me suis retournée, j’étais assise seule sur le banc, deux valises à mes pieds.

Mes yeux se faufilaient parmi la foule en quête de leur lumière. Je regardais dans toutes les directions, sans te retrouver. Ta valise était toujours là, à mes côtés. Tu étais parti laissant ton passé ici, à mes côtés. Depuis quand es-tu parti? Je ne faisais que rechercher l’étoile illuminant le ciel foncé. Je croyais que tu la recherchais toi aussi.

Chaque soir, je reviens m’assoir sur ce même banc, les deux valises en ma compagnie. Je n’observe plus le ciel, je n’attends plus aucune étoile. J’observe les adieux et j’attends la personne qui ne m’en a pas offert un.

Tout au fond, peut-être que je n’en veux pas. Peut-être que tu le savais, c’est pour cela que tu ne m’en a pas offert. En attendant l’étoile, tu t’es éteint. Le ciel s’est illuminé, et je me suis éteinte.

Les voyageurs montaient à bord à présent, la sirène du bateau effrayant les mouettes. Je les observais. Ils débarquaient vers une nouvelle voie, un nouvel espoir. Il était temps que je rentre, il faisait de plus en plus sombre. Je soulevais les deux valises, l’une du passé, l’autre du futur. Je marchais sur la côte, ma robe caressant les flots.

J’étais épuisée. Je laissais mes valises valser sur les eaux. Elles débarquaient, elles aussi. Je les observais s’eloigner. J’avais un sourire au lèvre, une main d’adieu tendue au ciel. J’observais le ciel, une étoile était là, me fixant de toute son intensité. Je lui offrais mon visage mouillé par l’air salé, où larmes et eau ont été mêlées.

Les valises disparaissaient au loin, vers la fin des temps, où le soleil et la mer ne faisaient plus qu’un. Là-bas au loin, existe un autre banc, existe un autre port, existe une autre rencontre. Un jour, je serais de l’autre côté, et parmi tant d’étranger, tu seras le seul visage que je reconnaitrais. D’ici là, j’ai rangé le temps dans ta valise, j’ai rangé l’oubli dans la mienne. Je les ai éloigné dans la mer, comme ça on ne risque rien.

Le bateau avait quitté le port, les bruits de la foule s’étaient évanouis. Je m’étais assise dans l’eau, fixant l’étoile qui avait trouvé la lune comme compagnie. Je ne reviendrais plus demain, car demain pour moi, est un autre demain, il s’agit de la fin des temps où le soleil et la mer ne font plus qu’un.

 

 

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Un Saint de mon pays

Dans un petit village, là bas, haut, dans les montagnes vertes de mon pays, tout a commencé. Un enfant est né, sous le nom de Charbel. Aujourd’hui un Saint, tant aimé au Liban, reconnu même dans le monde.

Comme l’écriture a toujours été pour moi une façon de venir en aide à quelqu’un: une voie, un chemin, un echo, une main tendue, une porte secrète, une vision de la vie, tout simplement un espoir -car je sais ce que sait de reprendre espoir en lisant-J’aimerais cette fois écrire à propos de ce Saint, ou plutôt montrer au monde, ce que la foie peut créer de beau dans nos âmes. La foie est un conte magique.

«En haut dans ces montagnes, existe une grotte où une eau coule durant toutes les saisons, guérissant les malades, apaisant toute âme assoiffée. Assoiffée d’amour, de santé, de sécurité. Dès fois, je m’assois dans cette grotte le soir-les soirs d’été sont les meilleurs- et je me laisse bercer par le silence qui me protège des bruits de la vie. Je me laisse bercer, comme un nouveau né, dans les bras d’un être qui m’aime plus que l’univers. Parfois, j’entends des murmures, je ressens une main sur mon épaule, je vois une bougie allumée tout au fond de la pénombre, et je sais que c’est Lui. Il me dit qu’il existe toujours du bien dans la vie, même si cela est devenu rare, alors j’y crois. Et je puise de ce puit, tout le courage et la foie qu’il me faut pour y croire à nouveau. J’aimerais alors devenir une de ces personnes qui sauvent le monde et qui ne se laissent pas piétiner par le mal qui est devenu tant répandu. J’aimerais sauver une âme en détresse et être sauvée. J’espère que chaque personne lisant ces mots, experimentera l’amour pur et propre que nous offre cette grotte et goûtera à cette eau magique. Et j’espère aussi qu’au cours de votre vie, vous aurez la chance d’être sauvé mais aussi de devenir sauveur d’une âme en quête de lumière.»

 

 

 

 

 

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Les oiseaux de la vie

Des oiseaux dans une cage? Rien de plus cruel. Pourquoi? Ils ne sont pas libres de leurs ailes, ils sont privés de voler, de découvrir, de se perdre et de se retrouver. Un oiseau dans une cage est une âme prisonnière de l’égoisme de l’Homme. J’ai découvert cela à l’âge de 5 ans et je me suis promise de ne plus enfermer une âme malgré tout l’amour que je lui dois.

Une promesse n’est pas toujours facile à garder. Il existe des âmes que j’ai voulu preserver, par pur amour, il ne s’agit plus des oiseaux dans une cage, mais plutôt, de personnes dans notre vie.

En grandissant, on découvre qu’on doit lacher. Tout laisser aller. Ne plus retenir, ne plus enfermer, ne plus donner plus que l’on ne peut, ne plus s’enfermer nous même avec eux. Je n’aime pas cette partie de l’histoire, ce n’est pas aussi facile, mais il faut laisser les oiseaux de notre vie se perdre dans l’univers. Il faut qu’on les laisse voir ailleurs, rencontrer d’autres oiseaux, se perdre, experimenter, goûter à la vie sans nous… Il faut s’effacer comme une étoile en pleine journée.

L’idée que j’aime bien, est que, peut-être, qu’un jour, l’oiseau reviendra. Cette fois-ci, de sa propre volonté, il reviendra. De tous les refuges au monde, il choisira le tien. Même en pleine libérté, il choisira de revenir à ta fenêtre. La cage dont il était prisonnier en premier ne sera plus une cage, mais plutôt, un bout de libérté ayant un goût de l’infini, juste parce que tu es là.

En les délivrant à la vie, les oiseaux qui te sont déstinés choisiront toujours de partager un bout de libérté avec toi au lieu de se perdre dans une totale libérté dont tu ne feras pas partie.

 

 

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