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Une ville qui ne m’appartenait pas

Je me souviens de cette nuit lorsque j’étais sur ma terrasse dans une ville qui ne m’appartenait pas. La musique dégageait de la rue parallèle, et un homme était mi- assoupi devant sa télé, dans l’immeuble d’en face.

Il me restait deux jours ici, et je ne voulais pas quitter. J’effaçais cette réalité de mon esprit à chaque fois qu’elle jaillissait.

Je me souviens que je venais juste de rentrer, j’étais partie pour boire un verre ce soir là. J’adorais cette ville dans tous ses aspects et surtout la nuit. Elle était rassurante, belle, élégante, elle me promettait de beaux jours, elle me donnait le sourire, elle me rendait saoule sans même boire.

Je me souviens que je ne voulais pas que le temps passe, mais en même temps, je voulais vivre avec hâte la journée qui suivait. Je voulais arrêter le temps, le prolonger et pourquoi pas même le vivre à nouveau.

Je me souviens de la grande place de la cité, d’une cathédrale, des petits cafés et leurs lumières, d’une voix, d’un écho, d’une silhouette qui se retourne.

Les mots échouent parfois à mieux expliquer ce que l’on ressent, mais on essaie tout de même. Comme on essaie de vivre au maximum un moment qui ne reviendra jamais, on essaie de donner au mot un pouvoir qui ne lui appartiendra jamais.

Je me souviens qu’il y avait une lune ce soir là, mais pas d’étoiles. En fait, je n’avais pas vu d’étoiles là bas… Aucune. Je me souviens qu’il faisait bon de respirer, je me souviens que je dormais bien même s’il n’ y avait pas d’étoiles.

Je me souviens de ce cauchemar qui s’était effacé et je vivais une réalité qui me semblait correspondre à ce que devrais être de l’imaginaire.

Je me souviens que j’étais dans une ville qui ne m’appartenait pas, mais à qui j’appartenais sûrement.

Je me souviens que je m’apprêtais à rentrer dormir car mon voisin mi- assoupi avait enfin décider de dire bonne nuit à sa télé.

Je me souviens que j’étais heureuse et que je voulais prolonger cette joie le plus que possible, peut être prolonger cette joie pour une étérnité, avec des lumières, des échos, une silhouette qui se retourne et qui me revient.

 

 

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Une prière

Je ferme les yeux, je répète les mêmes paroles. Accroupie, une bougie dans la pénombre, une image qui me fixe et le vent qui fait trembler la fenêtre en bois.

Une prière est la plus sincère preuve d’amour et d’humanité. Lorsqu’on ne peut plus aider ceux qu’on aime, lorsqu’on ne peut plus s’aider soi-même, on sait qu’une prière pourrait tout changer.

Je regarde l’image, je m’attends à ce qu’elle me parle, bouge, me fait un signe… je ne sais pas. J’attends qu’elle fasse quelque chose de miraculeux.

Je regarde l’ombre de la bougie, elle semble sereine et dehors le vent fait toujours trembler la fenêtre en bois.

Même si l’image ne bouge pas, je sais que lorsque je tournerais le dos, elle me fera un signe, elle me murmurera que tout ira bien. Je sais très bien qu’elle ne bouge pas parce qu’elle m’écoute attentivement, elle ne veut pas troubler ma prière.

Je me lève, mes doigts caressent l’image, et je traverse le hall de l’Eglise. Je m’arrête soudainement et je me retourne. L’image est toujours à sa place, immobile, sereine. Mes pas continuent leurs marches vers la sortie, je ferme la porte avant de m’en aller.

Le vent s’arrête, la fenêtre reste ouverte, je jette un dernier coup d’oeil vers l’intérieur, l’image n’est plus là. Je m’approche encore plus de la fenêtre, je vois bien le cadre, mais sans l’image. Je suis pétrifiée.

Je ressens une chaleur près de mon visage. Je retourne discrètement, je Te vois, une cape noire, une bougie à la main. L’image est devenue humaine. Je retiens désormais mon souffle, mes yeux deviennent humides, mes mains toujours accrochées à la fenêtre.

Tu poses la bougie sur le bord, Tu me tends les bras en me disant : ” J’ai entendu tes paroles, j’ai tout entendu, depuis le début, depuis longtemps. N’aie pas peur. Viens avec moi, j’aimerais entendre plus et j’aimerais te raconter à mon tour de tout. N’aie pas peur, aucune prière ne pars en vain, aucune prière venant du coeur ne passe sans faire vibrer les cieux.”

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