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Une tête, une épaule

Une tête, une épaule.  Avec ça, n’importe qui peut conquérir le monde.

Tu laisses le monde à part pour quelques heures, tu reprends des forces et tu te permets de croire que tu es immortel.

Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe, les regards se perdent, les esprits se reposent, les coeurs battent calmement et les âmes se réjouissent en silence.

Une tête, une épaule. Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe.

Des paroles qui résonnent bien avec la brise, tout ce que l’on peut dire devient poësie et chanson. Tu as la tête dans les nuages et j’ai la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

N’importe qui peut conquérir le monde lorsqu’il est heureux. Lorsque l’âme se sente apaisée, lorsque le temps ne semble plus aussi menaçant.

Les détails sont importants mais il faut savoir les choisir. Certains détails seront ta vie entière, elles seront la cause de ton existence. Sans eux, on ne peut pas continuer, sans eux on existe sans vivre.

Une tête, une épaule. Peu importe l’endroit. Le bonheur se cache dans les détails. Il est difficile de le trouver mais le bonheur en lui même a pour source la simplicité.

N’importe qui peut conquérir le monde, je l’ai déja conquérit une ou deux fois, brièvement. J’aimerais le conquérir à nouveau, bientôt, plus longuement, un peu plus infiniment.

Tu as la tête dans les nuages et la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

 

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Une promesse certaine

“Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le coeur. Il faut des rites.” – Le Petit Prince

Et si tu viens toujours à la même heure, que ferons nous des autres? Et si je veux des souvenirs de toi à chaque heure de la journée? Et si la routine tue la surprise?  Je dirais plutôt, promets moi de revenir tous les jours, de revenir souvent, et cela me suffit. Que tu viennes le jour, que tu viennes après le coucher du soleil, que tu viennes lorsque je t’attends, que tu viennes lorsque je m’y attends le moins, simplement, viens.

“Habiller le coeur”. Nous le faisons tous par peur de réjéction et parfois pour se protéger de l’autre qui nous est inconnu. Mais au fur et à mesure que l’on “apprivoise” l’autre, un coeur nu, naturel, sans aucune touche de notre part, ne mène-t-il pas plus facilement à la voie de l’âme? Un coeur simple, modeste qui peut être naïf ou vulnérable, restera toujours réel.

Je pense qu’on a besoin des deux aspects dans notre vie: l’exactitude et la surprise. Ce dont on a le plus besoin, et que je trouve fondamental, c’est la promesse qu’un évenement va se produire. Même si tu devras attendre des jours, tu sauras que quelque chose t’attends, et qui ne t’échapperas jamais, peut être que tu ne connaitras pas le temps exact où comment tout se produira, mais tu sauras que ton bonheur t’attends. La promesse est la source de notre bonheur, elle mêle l’exactitude et la surprise, elle nous laisse rêver jusqu’au jour où le rêve deviendra réalité.

Dans tous les cas, l’attente est inévitable. Que tu sois sûre du temps ou pas, que se soit d’une manière consciente ou inconsciente, tu seras prêt à attendre avant le temps prévu, car pour tuer l’attente, tu “habilles le coeur”, et lorsque tu auras fini, il restera encore du temps avant le rendez vous.

En fin de compte, l’univers aide toujours les coeurs qui ont confiance en lui. Les coeurs qui rêvent, les coeurs qui savent qu’un jour la réalité sera aussi belle que le rêve, les coeurs purs qui n’ont pas de place pour la haine. J’ai juste besoin d’une promesse, d’une promesse certaine. Ne me promets pas comme le font les grands, promets moi comme le font les petits, eux, qui ont le coeur nu et réel. Eux, à qui l’univers ne dira jamais non.

 

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Sur les toits de la ville

Sur les toits de la ville, je m’asseyais souvent seule. Je n’aimais pas les altitudes mais j’aimais biens les toits de la ville, le soleil qui se couche et les silhouettes qui se faufilaient dans les rues.

Je prenais avec moi un cahier de note et un stylo et j’écrivais ce que je ressentais et non pas ce que je voyais.

Ce que je voyais, c’était simple, une brève description et voilà mais ce que je ressentais de cette vue, voilà un travail compliqué. Les silhouettes disaient certaines choses que peu comprenaient. Je les regardais, comment ils se déplaçaient, où ils venaient et avec qui. Et j’apprenais beaucoup de choses. J’apprenais que certains jours sont jaloux d’autres. Et j’apprenais que nous essayons de vivre dans nos jours préférés même si nous sommes au mileu de nos mauvais jours. Et j’apprenais que cela faisait toujours mal.

Plus le soleil disparaissait, plus les silhouettes devenaient vulnérables, plus elles devenaient humaines. Elles devenaient plus vraies et c’était à cet instant que je pouvais mieux les comprendre.

Certains jours sont jaloux d’autres, c’est vrai. Et nous sommes parfois jaloux de nous même. Nous, qui avons vécu des journées meilleures que celles que nous vivons maintenant.

Malgré cela, je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil. Je revenais pour revivre certains jours. Je revenais pour en créer des meilleurs. Je ne réussissais pas toujours mais je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil.

Et les silhouettes avec moi essayaient à nouveau, sans qu’elles le sachent, sans le comprendre. Elles se battaient simplement en vivant le jour suivant, en se faufilant dans les rues et en espérant de renaitre à nouveau avec chaque coucher de soleil.

 

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Mes peintures prennent vie

J’aime bien dire à la petite voisine du 3ème que mes peintures prennent vie la nuit. Elles sortent de leurs cadres, elles marchent, elles se faufilent la nuit comme on le fait, nous les humains le jour.

Une fois, elle était venue venir dormir chez moi, pour voir les personnages s’animer la nuit. Je me souviens lorsqu’elle s’était assise à côté de moi, ses genoux sous son menton, ses yeux grands ouverts et de sa petite voix elle m’avait dit: “Dessine quelqu’un que tu connais, comme ça, lorsqu’il s’animera tu pourras lui parler.”

J’aimais bien cette petite. C’était une rêveuse, comme moi. Je commençais donc à peindre. Ses yeux ne quittaient plus ma toile, elle attendait avec patience et admiration. J’évitais de dessiner normalement des personnes, je me contentais de représenter des animaux et des personnages de contes de fées, mais cette nuit là, je dessinais quelqu’un que je connaissais. Je n’avais pas hésité, même pas une seconde.

Je posais finalement mon pinceau et la petite gamine me regardait. Un petit sourire était apparu sur son visage, elle se leva, me pris la main et chuchota: “Allons dormir maintenant, lorsqu’il vient, il nous reveillera.”

“Tu veux dormir? Tu ne veux pas l’attendre? Peut-être qu’il ne va pas nous reveiller…”

Elle s’approcha de moi, je sentis son parfum de miel et je vis de près sa chevelure blonde briller à la lumière des bougies. Elle m’entoura de ses bras puis me regarda dans les yeux.

“Tu le connais plus que moi. Il nous reveillera. Il te reveillera. On laissera les bougies allumées comme ça il pourra mieux voir. Viens, tu es fatiguée, viens allons dormir.”

Cette nuit là, je ne savais pas si j’avais dormi ou pas. Le matin, des traces de mains s’étaient séchées tout le long de mon bras, c’était de la peinture mauve, et la petite était venue sauter sur mon lit, tenant la toile de la veille, aujourd’hui devenue vide, et criant avec joie:

” La toile est vide! Il est ici! Il est ici!”

 

 

 

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