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Derrière les barreaux

Derrière les barreaux, dans mon uniforme noir et blanc, je faisais les cent pas. Une voix sortit de nulle part m’avait dit que j’avais de la visite et j’attendais cela faisait peut-être deux minutes. Pour moi, c’était comme une étérnité.

J’étais là depuis six mois et je n’avais jamais eu de visite. On m’avait condamné. Une personne m’avait condamnée.

Un moment, et j’entendis des pas résonner dans le couloir, je vis une silhouette s’approcher. Il se fixa devant les barreaux, je le reconnaissais, ça faisait six mois que je ne l’avais plus revu. Il n’y avait ni gendarmes ni autres prisoniers, j’étais la seule ici. La seule enférmée.

Il me regarda, d’un regard que je ne pouvais pas intérpréter. Ou plutôt, que je ne pouvais plus intérpréter. Parce qu’il y avait un moment où je pensais que je savais lire, que je pouvais comprendre mais non. Sinon je ne serais pas là.

Il avait cette allure d’innocence et ce n’était qu’une allure. J’avais une allure de criminelle et ce n’était qu’une allure. Il fallait renverser les deux mondes, il fallait que je sois en libérté et que lui, goûte la vie d’un prisonnier. Mais le monde n’était-il pas déjà à l’envers?

Il ne parla pas. Il s’assit par terre, le dos contre le mur et alluma une cigarette. Je m’assis alors par terre sans dire un mot. Je ne savais pas quoi dire. Il fallait ressentir quelque chose pour dire, et moi je ne ressentais rien.

Un oiseau s’est posé sur ma petite fenêtre, il chantait. Il était tout petit, il était beau, il était libre. Il resta quelques secondes et s’envola à nouveau. Une larme glissait sur ma joue sans le vouloir.

L’autre me fixa de plus près, se leva et écrasa sa cigarette. Et d’un tour de clefs, il ouvrit la portière et s’introduit dans la cellule, il alla s’assoir sur le lit dégoûtant de la prison en laissant la porte ouverte.

J’étais devant la porte, à deux pas de la libérté. Lui, était dérrière moi, me fixant toujours. J’avais peur de m’enfuir, peut-être avait-il une arme? Mais… Allait-il vraiment l’utiliser contre moi? Je ne fis rien, je restais figer entre la libérté et la prison. Entre un couloir vide devant moi et un homme qui portait du passé me fusillant du regard.

D’un geste de tête il me fit signe de sortir. Je ne bougeai pas. Il se leva, s’approcha de moi, et me sortit de la prison calmement, doucement. J’étais dehors, la porte était toujours ouverte, il était dedans.

Il s’enferma derrière les barreaux et me balança les cléfs. Il s’assit par terre, le dos contre le lit dégoûtant de la prison.

“Va-t-en maintenant” me dit-il

Six mois que je n’avais pas entendu cette voix.

“Mais, ne sois pas aussi cruel que moi…Viens me visiter…Une fois ou deux…”

Une larme coulait sur ma joue encore une fois sans le vouloir. Je lui jetta les cléfs et courut jusqu’à la sortie.

Il pouvait sortir, mais sans moi. Il pouvait trouver la libérté, mais pas avec moi.

Et je disparus dans un monde fou où la plupart des gens n’avait pas remarqué mon absence et où la plupart des gens ne remarquerons certainement pas ma présence à nouveau de l’autre côté des barreaux.

 

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