texts

Les deux valises

Deux valises bleues à mes pieds, j’attendais sur le quai. Les mouettes envahissaient le ciel clair en ce soir d’été. Elles disaient adieu à leurs façons. J’observais les derniers au revoir, les derniers regards mouillés, les dernières paroles s’achever. J’observais, assise sur un banc, deux valises bleues à mes pieds.

Sur ce même banc, on était deux, attendant que l’ancre du bateau se fixe au port. On n’observait pas les voyageurs, on observait le ciel. Le soleil s’appretait à se coucher, et nous à partir à sa rencontre. Je riais, mes joues rouges au rayon du soleil couchant, j’attendais la première étoile du soir. Lorsque je me suis retournée, j’étais assise seule sur le banc, deux valises à mes pieds.

Mes yeux se faufilaient parmi la foule en quête de leur lumière. Je regardais dans toutes les directions, sans te retrouver. Ta valise était toujours là, à mes côtés. Tu étais parti laissant ton passé ici, à mes côtés. Depuis quand es-tu parti? Je ne faisais que rechercher l’étoile illuminant le ciel foncé. Je croyais que tu la recherchais toi aussi.

Chaque soir, je reviens m’assoir sur ce même banc, les deux valises en ma compagnie. Je n’observe plus le ciel, je n’attends plus aucune étoile. J’observe les adieux et j’attends la personne qui ne m’en a pas offert un.

Tout au fond, peut-être que je n’en veux pas. Peut-être que tu le savais, c’est pour cela que tu ne m’en a pas offert. En attendant l’étoile, tu t’es éteint. Le ciel s’est illuminé, et je me suis éteinte.

Les voyageurs montaient à bord à présent, la sirène du bateau effrayant les mouettes. Je les observais. Ils débarquaient vers une nouvelle voie, un nouvel espoir. Il était temps que je rentre, il faisait de plus en plus sombre. Je soulevais les deux valises, l’une du passé, l’autre du futur. Je marchais sur la côte, ma robe caressant les flots.

J’étais épuisée. Je laissais mes valises valser sur les eaux. Elles débarquaient, elles aussi. Je les observais s’eloigner. J’avais un sourire au lèvre, une main d’adieu tendue au ciel. J’observais le ciel, une étoile était là, me fixant de toute son intensité. Je lui offrais mon visage mouillé par l’air salé, où larmes et eau ont été mêlées.

Les valises disparaissaient au loin, vers la fin des temps, où le soleil et la mer ne faisaient plus qu’un. Là-bas au loin, existe un autre banc, existe un autre port, existe une autre rencontre. Un jour, je serais de l’autre côté, et parmi tant d’étranger, tu seras le seul visage que je reconnaitrais. D’ici là, j’ai rangé le temps dans ta valise, j’ai rangé l’oubli dans la mienne. Je les ai éloigné dans la mer, comme ça on ne risque rien.

Le bateau avait quitté le port, les bruits de la foule s’étaient évanouis. Je m’étais assise dans l’eau, fixant l’étoile qui avait trouvé la lune comme compagnie. Je ne reviendrais plus demain, car demain pour moi, est un autre demain, il s’agit de la fin des temps où le soleil et la mer ne font plus qu’un.

 

 

Advertisements
Standard
texts

Un Saint de mon pays

Dans un petit village, là bas, haut, dans les montagnes vertes de mon pays, tout a commencé. Un enfant est né, sous le nom de Charbel. Aujourd’hui un Saint, tant aimé au Liban, reconnu même dans le monde.

Comme l’écriture a toujours été pour moi une façon de venir en aide à quelqu’un: une voie, un chemin, un echo, une main tendue, une porte secrète, une vision de la vie, tout simplement un espoir -car je sais ce que sait de reprendre espoir en lisant-J’aimerais cette fois écrire à propos de ce Saint, ou plutôt montrer au monde, ce que la foie peut créer de beau dans nos âmes. La foie est un conte magique.

«En haut dans ces montagnes, existe une grotte où une eau coule durant toutes les saisons, guérissant les malades, apaisant toute âme assoiffée. Assoiffée d’amour, de santé, de sécurité. Dès fois, je m’assois dans cette grotte le soir-les soirs d’été sont les meilleurs- et je me laisse bercer par le silence qui me protège des bruits de la vie. Je me laisse bercer, comme un nouveau né, dans les bras d’un être qui m’aime plus que l’univers. Parfois, j’entends des murmures, je ressens une main sur mon épaule, je vois une bougie allumée tout au fond de la pénombre, et je sais que c’est Lui. Il me dit qu’il existe toujours du bien dans la vie, même si cela est devenu rare, alors j’y crois. Et je puise de ce puit, tout le courage et la foie qu’il me faut pour y croire à nouveau. J’aimerais alors devenir une de ces personnes qui sauvent le monde et qui ne se laissent pas piétiner par le mal qui est devenu tant répandu. J’aimerais sauver une âme en détresse et être sauvée. J’espère que chaque personne lisant ces mots, experimentera l’amour pur et propre que nous offre cette grotte et goûtera à cette eau magique. Et j’espère aussi qu’au cours de votre vie, vous aurez la chance d’être sauvé mais aussi de devenir sauveur d’une âme en quête de lumière.»

 

 

 

 

 

Standard
texts

Les oiseaux de la vie

Des oiseaux dans une cage? Rien de plus cruel. Pourquoi? Ils ne sont pas libres de leurs ailes, ils sont privés de voler, de découvrir, de se perdre et de se retrouver. Un oiseau dans une cage est une âme prisonnière de l’égoisme de l’Homme. J’ai découvert cela à l’âge de 5 ans et je me suis promise de ne plus enfermer une âme malgré tout l’amour que je lui dois.

Une promesse n’est pas toujours facile à garder. Il existe des âmes que j’ai voulu preserver, par pur amour, il ne s’agit plus des oiseaux dans une cage, mais plutôt, de personnes dans notre vie.

En grandissant, on découvre qu’on doit lacher. Tout laisser aller. Ne plus retenir, ne plus enfermer, ne plus donner plus que l’on ne peut, ne plus s’enfermer nous même avec eux. Je n’aime pas cette partie de l’histoire, ce n’est pas aussi facile, mais il faut laisser les oiseaux de notre vie se perdre dans l’univers. Il faut qu’on les laisse voir ailleurs, rencontrer d’autres oiseaux, se perdre, experimenter, goûter à la vie sans nous… Il faut s’effacer comme une étoile en pleine journée.

L’idée que j’aime bien, est que, peut-être, qu’un jour, l’oiseau reviendra. Cette fois-ci, de sa propre volonté, il reviendra. De tous les refuges au monde, il choisira le tien. Même en pleine libérté, il choisira de revenir à ta fenêtre. La cage dont il était prisonnier en premier ne sera plus une cage, mais plutôt, un bout de libérté ayant un goût de l’infini, juste parce que tu es là.

En les délivrant à la vie, les oiseaux qui te sont déstinés choisiront toujours de partager un bout de libérté avec toi au lieu de se perdre dans une totale libérté dont tu ne feras pas partie.

 

 

Standard
texts

Un père et une fille

Dans une mémoire d’une fille, existe toujours cet homme, qui depuis son jeune âge l’accompagne.

Cet homme fait partie de son propre monde, qui est au creux de son coeur. Il lui a dit les mots doux lorsqu’elle en avait besoin, il lui a offert la tendresse lorsqu’elle n’arrivait pas à en donner et il lui a appris ce qu’elle valait, lorsqu’elle ne connaissait pas encore ce qu’elle méritait.

La fille grandit, se dévoile, découvre, chute, se blesse… mais elle renaît toujours. Elle renaît comme un nouveau né, aux yeux de son père. Après chaque renaissance, un nouvel espoir, une nouvelle vision du monde que, cet homme, son père, lui donne.

Pour elle, il est un magicien. En fait, lorsqu’elle grandit, elle réalise que ce bonheur qui lui est si facilement offert, ne provient pas de la magie, mais plutôt du sacrifice de cet homme pour sa fille. Il existe une sorte de magie dans tout cela, car un tel amour ne peut exister sans magie. Une magie qui ne provient pas d’ici, mais d’un autre monde.

Un jour, chaque fille, aimerait offrir à son père tous ce qu’il désire, pour le remercier, sans fin. Mais, il n’acceptera jamais, il ne voudra jamais rien d’elle, il lui dira et redira que pour lui, le bonheur, c’est elle.

Même si elle n’a pas l’occasion de le dire chaque jour, mais pour elle aussi, le bonheur c’est lui, et elle se battera chaque jour pour devenir la femme qu’il a élevé, elle cherchera son autre moitié en ayant toujours l’image de son père en tête, car pour elle, le bonheur c’est de le rendre fier et de rester à jamais la petite fille qu’il a tant aimé.

 

 

Standard
texts

Les grains de sable

Comme des grains de sable ruisselant de nos doigts, la vie nous échappe parfois. On s’accroche aux petites particules qui n’ont pas pu s’echapper, et qui restent endormies dans notre paume. On les observe un instant, détéctant le moindre glissement, la moindre escapade, on s’y attend toujours.

Au creux de notre main, les grains de sable restant, brillant au soleil doré, sont les personnes qui nous sont déstinées pour la vie. Elles restent là, s’accrochant à nous, malgré tout. Elles ne s’échappent pas, car la vie sans nous, n’a plus de sens, et la vie sans elles, n’a pas de goût.

Le sable est bien plus qu’une mer jaune brûlante, elle est un monde à part entier, où la vie se repose, où la vie s’échappe. Chacun d’entre nous peut voir sa reflection dans le sable, tout est écrit sur ces minuscules cailloux dorés, ceux qui nous aiment, ceux qui nous quittent, ceux qui reviendront et ceux qui attendent une deuxième vie pour nous revoir.

On s’accroche à ces grains de sable, comme si notre vie en dépendait, comme l’ancre qui ne veut pas quitter le large de si tôt. l’ocean est le bout du monde, et le sable, un passage secret pour y accéder.

A chaque coucher de soleil, je relis les écrits du sable, je m’accroche davantage, je renferme les grains de sable restant dans ma paume, je les serre bien, au chaud, je ne me veux que rien m’échappe, pour l’éternité.

 

 

 

 

 

Standard
texts

Un ocean

La porte grinçait à son ouverture et je passais la tête pour voir à l’intérieur. J’hésitais à entrer, cependant, c’était chez moi. Au moins, cela avait été mon “chez moi” pour une période donnée. Je posais mon sac à main au pied de la porte, sur le sol poussiereux, et mon parapluie glissa sous mes pieds. Je restais clouée.

Les murs appauvris par le temps me semblaient vibrer comme un coeur. Ses fissures profondes essayaient de rendre vie aux murs comme des artères en manque de sang.

Le piano était toujours au coin, les fleurs étaient mortes dessus. Les fleurs que j’aimais, elles étaient toujours là, elles n’avaient pas d’odeur, mais elles parlaient. Elles racontaient des souvenirs, elles racontaient des moments vécus et d’autres qui devraient être vécus. Elles racontaient tout, mais je savais déjà toute l’histoire.

J’avançais un peu plus, touchant les murs et palpant les battements du passé, j’avançais vers ta fenêtre préférée, ouvrant ses portes sur l’ocean. Je me tenais à son rebord, juste comme toi, auparavant. Je souris. Tu aimais tellement l’ocean que tu es devenu un. Profond, sombre, loin, en apparence magique, à l’intérieur foudroyant. On s’y noie facilement, tu sais, et on n’y revient presque jamais. Pas de littoral, pas d’ancre, on se perd dans les flots.

Je ne me sens plus chez moi, je suis déboussolée et tout ce qui m’étais familier s’ecroule devant mes yeux. J’en avait assez, je m’apprêtais à partir, les murs bourdonnaient encore plus dans mes oreilles. Les artères du mur ne trouvaient plus de sang.

Je pressais le pas, “chez moi” m’étouffait. La porte était à quelques pas. Quand soudain les ailes de la fenêtre claquèrent. Je me retournais, terrifiée, ton fantôme était là, un fantôme de souvenirs et de pensées me fixais.

L’intensité du moment me depassait, je fermais les yeux. Je ressentis soudain de l’eau à mes pieds, comme des petites vagues à ma rencontre. Ton ocean était venu m’entrainer encore plus loin, il voulait que je m’eloigne encore plus… et je m’eloignais encore plus, et je refermais la fenêtre de l’ocean, et j’écoutais pour la dernière fois le battement des murs et les notes de musique d’un piano qui encourageaient mes fleurs à revivre, et qui lui offraient une nouvelle melodie pour recommencer à vivre.

Standard
texts

Les rides de joie

L’été approchait, le parc célébrait le retour de ses visiteurs en ce beau après midi. Des petits et des grands venaient se perdre dans l’herbe verdoyante pour partager un bon moment avec ceux qu’ils aiment.

Assis sur le gazon, près de la fontaine, un homme agé, une canne à ses côtés, sortait son casse-croute de l’après-midi, qu’il partageait avec Théo. Des tartines au beurre et au miel accompagnées de jus d’orange pour se rafraichir.

” Grand-papa… pourquoi tu as des traits sous tes yeux, sur ton front et partout ?”

Robert souriait, ce qui accentuait ses rides. Théo était curieux, comme tout enfant de 6 ans.

“On appelle ça des rides Théo, et chacune de ces rides evoque un beau moment de ma vie, voilà à quoi elles servent!”

Le petit ouvrit grand les yeux et s’approcha de son grand-père comme pour l’examiner. Comme s’il essayait de lire dans un passé qui lui est incconu et qu’il essayait de decoder.

” Raconte moi grand-papa”

Robert remplit à nouveau les deux verres de jus d’orange avant de se lancer dans un monologue.

“Chaque fois que tu vis un moment de bonheur, une ride se grave sur ton visage, elle se faufile dans ta peau et te marque à jamais. Elle s’enfonce fièrement pour dire à tout le monde qu’elle est là. Il faut accumuler ces moments Théo, la plupart du temps, il s’agit de petites minutes, mais qui nous comblent pour la vie, et parfois, elles peuvent durer suffisament pour pouvoir bien les savourer. Lorsque tu grandiras, tu sauras apprecier chaque ride en regardant ton reflet, tu sauras que ta vie s’est déssinée sur ta peau.”

“Waouh! Dès aujourd’hui, je vais commencer à vivre des moments heureux. Grand-papa, je vais te battre! Je vais en avoir plus que toi!”

Robert caressait sa petite tête et ses cheveux couleur noisette qui mettait bien en valeur ses yeux d’enfants.

“Marché conclu, lorsque tu auras mon âge, tu devras compter tes rides et tu auras intéret à avoir une tête bien froissée…”

Ils sourirent aux eclats.

“Dis, grand-papa, est ce que, quand je pleure, les rides s’effacent? ”

“Non, aucune larme ne peut effacer un moment de bonheur mon petit, aucune. Chaque ride est un bonheur marqué pour la vie…”

“Et le malheur grand-papa, il ne se grave pas ?”

“Si, si, certains seront gravés dans ton coeur à jamais… mais tu sais quoi? A chaque fois qu’un moment triste se grave dans ton coeur, sois sur et certain, que plusieurs rides de bonheur l’ont précédé, car il est impossible de ressentir le malheur sans avoir profondément ressenti le bonheur auparavant…”

Le petit se pencha vers son grand-père, et fronça ses sourcils.

“Théo, vole à la vie les moments de joie, c’est la seule chose dont tu es autorisé à voler. Et à ton tour, autorise la vie à te graver le coeur parfois, quelques instants, juste pour que tu puisses connaitre à quel point, il fait bon d’être heureux.”

Standard