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On ne te dira pas

On ne te dira jamais certaines choses. On te laissera découvrir. La vie n’est pas un film où tu pourras regarder des brefs passages avant de payer ton ticket et t’installer. On t’offre simplement le billet et tu t’installes.

On ne te dira jamais que les héros, ça n’existe pas. On ne te dira pas non plus que toutes les fins ne sont pas heureuses.

On ne te dira pas que les moments de bonheur ne sont que des minutes, si tu as de la chance un peu plus longtemps peut être, et on ne te dira pas que les autres moments c’est à toi de les rendre plus vivables.

Souvent, on essaie de rendre les choses plus simples, meilleures et parfois même on les raconte à l’opposé de ce que l’on vit, mais en fin de compte tu remarqueras qu’on ne t’avait pas tout dit.

Ce n’est pas uniquement les mauvaises choses qu’on ne te dira pas… Les plus beaux moments de notre existence ne sont jamais bien dévoilés.

Peut être que ces moments là sont les plus difficiles à décrire. C’est difficile de traduire par les mots des moments rares, portant une si grande intensité d’émotions.

On ne te dira pas que ces moments là sont comme une drogue qui n’est accessible qu’une seule et unique fois, car aucun moment ne se revit de la même façon, aucun moment ne se répète tel qu’il est.

On te dira sûrement que la vie est courte mais on ne te dira jamais comment la vivre.

En fait, il faut aimer et se faire aimer. Il faut savoir aider et se laisser faire aider . On ne te dira pas cela, car pour la majorité, aimer c’est être faible et naif.

Je peux te dire que ceux-ci n’ont rien compris à la vie.

La force n’est pas violence,

La force est amour.

On ne te dira pas cela, car peut être, l’amour nécéssite un courage que beaucoup ne possède pas.

L’univers à besoin de toi pour aimer sans frontière et transformer le monde en un monde plus courageux.

 

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Ma bulle

J’ai une bulle à moi toute seule, je m’y refugiais lorsque j’en avais envie, et je me disais, peut être qu’un jour je permettrais à quelqu’un de la visiter.

Avec le temps, j’ai découvert que je ne voulais pas juste m’y réfugier mais je voulais y vivre. Je ne voulais permettre à personne d’y entrer, cette bulle devait m’appartenir à moi toute seule.

Surtout ne laisse personne y entrer. C’est ta bulle à toi. Ce n’est pas un refuge mais un domicile fixe, c’est un endroit qui te protège de la réalité, de la vie.

Au début, tu sentiras que la bulle est froide, c’est normal, tu n’y venais pas souvent. Avec le temps, tu lui rendras la chaleur nécessaire pour te réconforter.

Une bulle s’éclate facilement, tu sauras donc comment la protéger. C’est comme les belles choses. Elles se cassent facilement tu sais. Elles sont aussi fragiles et surtout très rares.

Les premiers moments tu trouveras du mal à rester là dedans, tu laisseras la porte entrouverte, tu jetteras des coup d’œil pour voir si quelqu’un t’aurais suivi, tu voudras peut être même changer d’avis… Avec le temps tu sauras que tu étais en train de perdre ton temps et qu’il fallait mieux fermer la porte pour réchauffer la bulle.

Tu pourras toujours sortir, mais seulement quand tu en auras envie. Seulement quand il fera tard le soir ou très tôt le matin, lorsqu’il n’y aura personnes, lorsque toutes les rues seront désertes.

Peut être après tu voudras voir du monde et peut être pas.

Peut être que ta bulle ne te suffiras plus.

D’ici là, elle te suffira et c’est le seul endroit qui te protègera jusqu’à que tu auras les forces nécessaires à nouveau pour sortir de ta bulle.

 

 

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La grande roue

Petit, déjà tu n’aimais pas la grande roue. Ce manège montait trop haut, il allait parfois vite et tu sentais ton coeur vibrer de peur. Tu étais tout petit à côté de ce jeu, lui qui tournait majestueusement et toi en bas, la tête levée vers lui.

Aujourd’hui tu y fais un tour parfois.

Parfois quand la vie va trop vite, ou va trop lentement, parfois quand on oublie qu’on a un coeur et qu’on veut l’entendre battre plus fort, parfois lorsqu’on se souvient que tout petit, on ne voulait pas tourner avec la grande roue, mais que maintenant on ne fait que ça, sans même se rendre au parc d’attraction.

La nuit, elle s’allume. Elle clignote. Je la trouve plus belle alors. J’achète toujours une barbe à papa pour la déguster là haut. Un jour, mon cousin m’a dit de ne pas pleurer lorsque la grande roue s’arrête tout en haut, car le monsieur en bas ne la fera descendre que si j’arrêtais. Maintenant je sais que le monsieur n’a rien à foutre de moi, il appuie juste sur sa machine et c’est parti. Je peux pleurer autant que je veux là haut, la grande roue tournera toujours et elle continuera de s’allumer la nuit.

Je l’aime bien en fait la grande roue maintenant. Elle n’est pas méchante. Elle est juste fière de sa hauteur et de sa lumière la nuit. C’est un peu comme la tour Eiffel de chaque parc d’attraction. Il faut juste l’admirer, il faut juste la comprendre.

J’y fais un tour souvent, toujours seule. Seule avec ma barbe à papa. J’essaie d’y aller la nuit pour pouvoir mieux observer les étoiles. Et je me surprends parfois de prier un tout petit peu pour que le monsieur oublie d’appuyer sur le bouton pour nous faire descendre. Juste le temps que je finisse de compter les étoiles.

A deux c’est meilleur. A plusieurs, oui pourquoi pas. Il faut juste savoir avec qui faire le tour. Il faut juste savoir avec qui partager sa barbe à papa. Peut être alors que je ferais plus qu’un tour si j’étais accompagnée, peut être que j’y reviendrais encore plus souvent. C’est important de savoir avec qui faire un tour de manège, surtout la grande roue. Et c’est plus important de savoir avec qui partager sa barbe à papa.

C’est important d’avoir une image claire de ce que l’on veut:

“Ce soir je veux aller au parc d’attraction. Je veux faire trois fois le tour de la grande roue avec toi, vers 21 heures, lorsque les étoiles seront plus lumineuses.  En plus de ça, je vais m’acheter une barbe à papa et je ne vais pas pleurer là haut. La grande roue clignotera, tournera et je saurais que je n’avais aucune raison de ne pas l’aimer lorsque j’étais toute petite.”

C’est important de savoir ce que l’on veut dans la vie, mais parfois on peut se laisser surprendre par les émotions et la vie.

En fait, ce soir, j’avais fait sept tours de manège au lieu de trois, et je m’étais achetée deux barbes à papa car toi aussi tu les aimais bien.

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Une tête, une épaule

Une tête, une épaule.  Avec ça, n’importe qui peut conquérir le monde.

Tu laisses le monde à part pour quelques heures, tu reprends des forces et tu te permets de croire que tu es immortel.

Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe, les regards se perdent, les esprits se reposent, les coeurs battent calmement et les âmes se réjouissent en silence.

Une tête, une épaule. Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe.

Des paroles qui résonnent bien avec la brise, tout ce que l’on peut dire devient poësie et chanson. Tu as la tête dans les nuages et j’ai la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

N’importe qui peut conquérir le monde lorsqu’il est heureux. Lorsque l’âme se sente apaisée, lorsque le temps ne semble plus aussi menaçant.

Les détails sont importants mais il faut savoir les choisir. Certains détails seront ta vie entière, elles seront la cause de ton existence. Sans eux, on ne peut pas continuer, sans eux on existe sans vivre.

Une tête, une épaule. Peu importe l’endroit. Le bonheur se cache dans les détails. Il est difficile de le trouver mais le bonheur en lui même a pour source la simplicité.

N’importe qui peut conquérir le monde, je l’ai déja conquérit une ou deux fois, brièvement. J’aimerais le conquérir à nouveau, bientôt, plus longuement, un peu plus infiniment.

Tu as la tête dans les nuages et la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

 

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Une promesse certaine

“Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le coeur. Il faut des rites.” – Le Petit Prince

Et si tu viens toujours à la même heure, que ferons nous des autres? Et si je veux des souvenirs de toi à chaque heure de la journée? Et si la routine tue la surprise?  Je dirais plutôt, promets moi de revenir tous les jours, de revenir souvent, et cela me suffit. Que tu viennes le jour, que tu viennes après le coucher du soleil, que tu viennes lorsque je t’attends, que tu viennes lorsque je m’y attends le moins, simplement, viens.

“Habiller le coeur”. Nous le faisons tous par peur de réjéction et parfois pour se protéger de l’autre qui nous est inconnu. Mais au fur et à mesure que l’on “apprivoise” l’autre, un coeur nu, naturel, sans aucune touche de notre part, ne mène-t-il pas plus facilement à la voie de l’âme? Un coeur simple, modeste qui peut être naïf ou vulnérable, restera toujours réel.

Je pense qu’on a besoin des deux aspects dans notre vie: l’exactitude et la surprise. Ce dont on a le plus besoin, et que je trouve fondamental, c’est la promesse qu’un évenement va se produire. Même si tu devras attendre des jours, tu sauras que quelque chose t’attends, et qui ne t’échapperas jamais, peut être que tu ne connaitras pas le temps exact où comment tout se produira, mais tu sauras que ton bonheur t’attends. La promesse est la source de notre bonheur, elle mêle l’exactitude et la surprise, elle nous laisse rêver jusqu’au jour où le rêve deviendra réalité.

Dans tous les cas, l’attente est inévitable. Que tu sois sûre du temps ou pas, que se soit d’une manière consciente ou inconsciente, tu seras prêt à attendre avant le temps prévu, car pour tuer l’attente, tu “habilles le coeur”, et lorsque tu auras fini, il restera encore du temps avant le rendez vous.

En fin de compte, l’univers aide toujours les coeurs qui ont confiance en lui. Les coeurs qui rêvent, les coeurs qui savent qu’un jour la réalité sera aussi belle que le rêve, les coeurs purs qui n’ont pas de place pour la haine. J’ai juste besoin d’une promesse, d’une promesse certaine. Ne me promets pas comme le font les grands, promets moi comme le font les petits, eux, qui ont le coeur nu et réel. Eux, à qui l’univers ne dira jamais non.

 

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Sur les toits de la ville

Sur les toits de la ville, je m’asseyais souvent seule. Je n’aimais pas les altitudes mais j’aimais biens les toits de la ville, le soleil qui se couche et les silhouettes qui se faufilaient dans les rues.

Je prenais avec moi un cahier de note et un stylo et j’écrivais ce que je ressentais et non pas ce que je voyais.

Ce que je voyais, c’était simple, une brève description et voilà mais ce que je ressentais de cette vue, voilà un travail compliqué. Les silhouettes disaient certaines choses que peu comprenaient. Je les regardais, comment ils se déplaçaient, où ils venaient et avec qui. Et j’apprenais beaucoup de choses. J’apprenais que certains jours sont jaloux d’autres. Et j’apprenais que nous essayons de vivre dans nos jours préférés même si nous sommes au mileu de nos mauvais jours. Et j’apprenais que cela faisait toujours mal.

Plus le soleil disparaissait, plus les silhouettes devenaient vulnérables, plus elles devenaient humaines. Elles devenaient plus vraies et c’était à cet instant que je pouvais mieux les comprendre.

Certains jours sont jaloux d’autres, c’est vrai. Et nous sommes parfois jaloux de nous même. Nous, qui avons vécu des journées meilleures que celles que nous vivons maintenant.

Malgré cela, je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil. Je revenais pour revivre certains jours. Je revenais pour en créer des meilleurs. Je ne réussissais pas toujours mais je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil.

Et les silhouettes avec moi essayaient à nouveau, sans qu’elles le sachent, sans le comprendre. Elles se battaient simplement en vivant le jour suivant, en se faufilant dans les rues et en espérant de renaitre à nouveau avec chaque coucher de soleil.

 

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Mes peintures prennent vie

J’aime bien dire à la petite voisine du 3ème que mes peintures prennent vie la nuit. Elles sortent de leurs cadres, elles marchent, elles se faufilent la nuit comme on le fait, nous les humains le jour.

Une fois, elle était venue venir dormir chez moi, pour voir les personnages s’animer la nuit. Je me souviens lorsqu’elle s’était assise à côté de moi, ses genoux sous son menton, ses yeux grands ouverts et de sa petite voix elle m’avait dit: “Dessine quelqu’un que tu connais, comme ça, lorsqu’il s’animera tu pourras lui parler.”

J’aimais bien cette petite. C’était une rêveuse, comme moi. Je commençais donc à peindre. Ses yeux ne quittaient plus ma toile, elle attendait avec patience et admiration. J’évitais de dessiner normalement des personnes, je me contentais de représenter des animaux et des personnages de contes de fées, mais cette nuit là, je dessinais quelqu’un que je connaissais. Je n’avais pas hésité, même pas une seconde.

Je posais finalement mon pinceau et la petite gamine me regardait. Un petit sourire était apparu sur son visage, elle se leva, me pris la main et chuchota: “Allons dormir maintenant, lorsqu’il vient, il nous reveillera.”

“Tu veux dormir? Tu ne veux pas l’attendre? Peut-être qu’il ne va pas nous reveiller…”

Elle s’approcha de moi, je sentis son parfum de miel et je vis de près sa chevelure blonde briller à la lumière des bougies. Elle m’entoura de ses bras puis me regarda dans les yeux.

“Tu le connais plus que moi. Il nous reveillera. Il te reveillera. On laissera les bougies allumées comme ça il pourra mieux voir. Viens, tu es fatiguée, viens allons dormir.”

Cette nuit là, je ne savais pas si j’avais dormi ou pas. Le matin, des traces de mains s’étaient séchées tout le long de mon bras, c’était de la peinture mauve, et la petite était venue sauter sur mon lit, tenant la toile de la veille, aujourd’hui devenue vide, et criant avec joie:

” La toile est vide! Il est ici! Il est ici!”

 

 

 

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