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Certains soirs d’été

Il existe certains soirs d’été où l’on vit plusieurs vies, où l’on oublie la galaxie et les étoiles, car on prend leurs places. Je pense que l’on vit au moins une fois dans la vie ces rares moments, et dès fois on les attend plus que tout.

Il existe des soirs, où je suis déboussolée, en même temps, exactement où je voudrais être.

Il existe des soirs où je n’entends plus le chant des vagues car je suis au beau milieu de ma cité, une cité qui a un coeur, un coeur qui bat.

Je me retrouve aussi oubliée par le temps, c’est ce que j’aime le plus, le temps continue, et je continue à ma façon, je me cache, il ne me voit pas, il m’oublie sur le trottoir, riant, la tête sur le coeur de la cité, je n’entends que ce battement et mon rire, et j’oublie même les gens assis sur les terrasses de la ville.

Il existe des soirs, où je me préoccupe des moindres détails, où j’essaie de repérer toutes les petites choses qui constituent un beau moment. La tenue que je porte, ce que  j’ai mangé au déjeuner, la couleur du ciel de cette nuit, le mouvement de sa tête en riant et la brise pas comme les autres qui caresse mes épaules.

Certains soirs d’été où je pense que la lune illumine le ciel juste pour nous voir sourire. Et je me moque à penser ainsi, car je sais, que dans tous les cas, elle serait là haut.

Il existe des soirs où je sors de ma coquille et je préfère marcher dans ces petites rues, écouter la musique jaillir des pubs et des bars, ne pas se fondre dans aucune d’entres elles, mais courir et les capter toutes sur mon chemin.

Il existe des soirs où j’oublie tous ce que j’ai vécu, je regarde le ciel et je sais qu’Il m’a écouté à chaque prière. Je regarde le ciel, et je dis merci.

Il existe des soirs où je ne peux pas dormir. Le battement de coeur de ma cité dans mes oreilles, je ne peux pas fermer les yeux et je ne le veux pas. Car certains soirs d’été sont trop précieux pour dormir. Les révèrbères sont toujours allumés, et nous, pourquoi s’éteindre?

Je resterais debout jusqu’au dernier révèrbère allumé, les étoiles s’éteignent plus tôt, je ne les suivrais pas cette fois. Je resterais là, sur le trottoir, ma tête sur le coeur de la ville, me promettant un autre soir d’été, bientôt, un autre soir, où je pourrais m’échapper des aiguilles du temps et t’emporter avec moi.

 

 

 

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Shine

J’attendais dans le café “Shine” au coin de la rue. Je m’étais trouvé une place à la fenêtre et je l’attendais. Rien de mieux qu’un chocolat chaud et un muffin pour commencer la journée.

De mon repère, je voyais les SDF s’alignant sur les trottoirs. “Aidez-moi s’il vous plait” était écrit sur une pancarte, “j’ai faim” sur une autre.  Un d’entre eux avait un chien de compagnie pour attirer la pitié des gens. Quel drôle de monde…

Les passants pressaient le pas pour arriver à temps à leurs boulots, des collégiens marchaient côte à côte, les yeux rivés sur leurs écrans. Aucune parole entre eux, chacun souriait seul, virtuellement.

Il était 8h30 environ, elle devait arriver à n’omporte quel instant. Je lui avais envoyé un texto pour la prévenir de mon arrivée au café. Elle n’avait toujours pas répondu. En fait, j’étais surpris du fait qu’elle ait accepté de me voir surtout après la dernière fois. Je ne m’y attendais pas du tout. Je ne le méritais pas.

Le monde était injuste et je le savais. Car, en fait, tout au fond de moi, je savais que je contribuais à cette injustice à ma façon.

La pluie commençait à s’acharner, les SDF se réfugiaient dans les stations de métros. Les passants disparaissaient dans les taxis et moi, je l’attendais dérrière la vitre humide.

Mon chocolat chaud n’était plus aussi chaud et j’avais déjà entamé la moitié de mon muffin. Elle n’était toujours pas venue…

Je lui envoyai un autre texto. Toujours rien de sa part.

Les aiguilles de ma montre se posaient sur le 10, mon muffin avait disparu, mon chocolat était devenu glacial. Je décidais donc de partir. Elle ne voulait pas venir, elle ne voulait pas me voir.

Si elle savait, si je lui avais fait savoir… L’injustice à qui je contribuais à ma façon aujourd’hui, m’avait un de ces jours condamné à sa façon, elle même. Cela n’expliquait pas mon comportement, mais si seulement elle le savait.

Je poussai la porte du café, m’apprêtai à ouvrir mon parapluie, lorsqu’une silhouette se figea devant moi.Les cheveux mouillés par la pluie, les yeux humides, le teint lumineux malgré la pâleur de ce jour… Elle était à la porte de “Shine”.

Elle savait que j’étais comme un SDF à la recherche d’un abri, que j’étais un passant courant sur les trottoirs de la métropole. Ce qu’elle ne savait pas, c’était qu’elle était la rue et sa vie, et que j’étais le petit café qui y habitait.

Ses yeux disaient qu’elle était aussi à la recherche d’un abri lors des jours de pluie. Je ne lui avais jamais dit que je pouvais l’être. C’était ce genre d’injustice que je causais.

Elle le saura peut- être un jour, peut-être qu’un jour elle le saura.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’enveloppe

“À l’intention de Mlle Célia LEBLANC”.

L’enveloppe contenait les résultats de mes tests. Je venais juste de quitter l’hôpital et marchais sur le pont qui liait les deux bouts de la ville. Je ne voulais pas retourner chez moi, je voulais lire ce que ces papiers contenaient, ici, sur ce pont, face à la vie.

“Mlle LEBLANC, vous souffrez d’une illusion de perte de souvenirs dans les cellules cérébrales. Vos tests ont montré un niveau de peur élevé, ce qui laisse votre cerveau croire que vous êtes en train de perdre certains souvenirs avec le temps. Cette illusion de perte de souvenirs provient d’une peur de ne pas pouvoir les renouveler…”

Cela expliquait les larmes soudaines, le changement d’humeur, les illusions du future, l’attachement à certains détails, la marque de certaines dates… Je m’en doutais.

Je jettais l’enveloppe sans même lire la liste de traitements. Je savais ce dont j’avais besoin.

J’avais besoin de m’assoir sur les toits, regarder les lumières briller dans la pénombre. J’avais un faible pour les révèrbères de la ville et toi aussi. Une musique à peine audible et des yeux brillant à la place des étoiles. Un air frais, glacial. Être seule avec une seule compagnie, être seule à ma façon. Le froid et les nuages blancs. Le souffle glacial s’échappant de ma bouche.

Je m’attachais à quelques bouts de pensée comme une planche de bois délaissée sur les vagues enchaînées de l’ocean. Peut-être dans un future proche, peut-être pas, nous pourrons écouter l’echo de la ville se coucher au petit matin, allongés sur l’un des toits de la ville. Peut-être vivre avec une overdose de souvenirs. Oui, une overdose de souvenirs, de nuages roses, de toi et de l’amour du ciel au petit matin.

 

 

 

 

 

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Ma mama

Quand j’ouvre les yeux, elle est lumière, quand je m’endors, elle est silence, quand j’ai peur, elle est prière, quand je danse, elle est chanson.

Pour ses yeux, seule à elle, je ferais tout pour les faire briller, je passerais la flamme à chaque étoile, pour allumer les yeux de ma mama.

Quand je m’enfuis dans les bois, elle m’attends à la fenêtre, quand je crie à l’océan, elle est l’écho qui me revient, quand je fais nuit blanche, elle est le premier rayon qui me réchauffe, quand je me perds dans le monde, elle est la boussole qui me dis retourne à la maison.

Pour son sourire, seule à elle, je ferais tout pour le voir souvent, je lui lirais des histoires, des chansons je chanterais, tout cela pour lui offrir, le sourire qui rendra les autres jaloux.

Quand je dis je t’aime, c’est elle qui me l’a appris, quand je suis passionnée, c’est de son coeur que je me suis inspirée, quand je dis j’ai peur de te perdre, c’est elle qui me l’a toujours fais ressentir.

Pour sa vie, seule à elle, je ferais tout pour la rendre plus longue, je volerais des années à l’univers pour les donner à ma mama.

Quand je dis mon Dieu, c’est elle que je veux garder, quand je vois le future, c’est elle que je veux observer et quand je veux devenir maman, c’est ma mama que je veux être.

Pour ma mama, je ferais tout, je me transformerais en magicien, je lui offrirais tous les voeux du monde, tout cela pour ne pas la perdre, pour qu’elle reste ma mama, elle seule, ma mama pour toujours.

 

 

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Un ciel rose- rouge

Je dégageais les rideaux.

Le ciel était enflammé. C’était un de ces matins où le ciel était rose- rouge et où les nuages avaient abandonné leur couleur habituelle pure. Un matin où je pouvais m’abandonner au paysage, mes yeux embrasés.

Un matin parfaitement imparfait, où la beauté de la vie s’imposait à sa façon. Avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

Une vaste étendue bleue qui couvre la planète, qui se pourpre de rose à ta fenêtre,qui illumine tes joues d’une de ces belles couleures, et fait renaître la vivacité à tes prunelles. Un matin comme ceci, c’est rare, un ciel comme ceci, on n’en voit pas tous les jours.

C’est quand lorsque tu te rends à la patisserie tard,à 11heures du matin et que tu trouves tout de même un dernier croissant amandes.

C’est lorsque tu flânes sur ta terrasse tard le soir, et que, enfin tu reçois un message tant attendu pour te donner le sourire.

C’est lorsque après tant d’années, tu retrouves un ami d’enfance que tu croyais avoir perdu, en attendant à la caisse au monoprix.

C’est lorsque, dans ta voiture, fatigué,comptant les minutes pour arriver chez toi, que ta chanson préférée sort de la radio.

C’est lorsque tu reviens du boulot et que tes enfants sont déjà endormis, mais ils se lèvent juste pour te donner un câlin avant de retourner au lit.

C’est aussi ces rares moments de la vie qui te manquent à l’instant même que tu les vis.

Ne me dis pas, avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

Il faut y croire. I fallait y croire.

Même au dernier instant, où l’on croit que la pluie nous suivra pour toujours, on peut se reveiller avec un ciel rose- rouge, à notre fenêtre.

On peut se réveiller, les cheveux emmêlés, une tasse de café entre les mains, observant la peinture des cieux, et croire à nouveau à la beauté imparfaite de la vie. Car, en fin de compte, il faut y croire pour avancer, ces petits détails ne sont pas si petits, ils donnent sens à l’existence, ils te colorient l’âme rose- rouge comme le ciel de ce matin.

Ne me dis pas, avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

 

 

 

 

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Peut-être un jour, peut-être bientôt

L’encre noir coulait sur les pages de mon petit cahier. Éclairé par une lampe, le cahier se noyait. J’écrivais dans ma chambre, j’avais finis par m’endormir et l’encre avait profiter pour s’échapper.

Les yeux lourds, j’observais les flaques noires envahir les pages vierges, j’avais juste commencer à écrire le début de mon roman. Celui-ci nageait dans un ocean noir maintenant.

Les aiguilles de ma montre indiquait 23:55. Un nouveau jour. Un nouveau jour qui attendait d’être vécu de différentes façons, de différentes manières. Un nouveau jour qui offrait le plaisir de rêver et le plaisir d’y croire encore une fois.

23:56

On y croit toujours. On y croit, oui. On croit à la promesse de l’aube, aux rayons de soleil qui viennent nous reveiller.

23:57

Tu te souviens de quelle couleur était le ciel ce jour là? Tu te souviens des quelques secondes qui ont précédé notre rencontre?

23:58

J’avais pris un taxi jaune ce jour là, il était 16 heures environ. J’avais mis un pull vert kaki ce matin, “n’importe lequel” je m’étais dite, en fin de compte, ce pull kaki était devenu mon pull fétiche.

23:59

Le moment de rencontre n’était pas calculé, celui de l’adieu, par contre, était attendu.

Je n’avais pas eu le courage de me retourner. J’avais souris en promettant une nouvelle rencontre.

00:00

Peut- être un jour, peut-être bientôt. Entre le passé et le futur, seul le présent m’appartenait.

00:01

Un nouveau jour.

Je déchirais les pages noircies de mon cahier et avec elles la date de mon calendrier.

Je m’enfonçais dans les draps, rêvant de la couleur du ciel qu’il ferait ce jour là.

Peut-être un jour, peut-être bientôt.

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Le pont de la vie

L’eau de la rivière faisait couler son bleu étincelant en dessous du vieux pont. Le soleil nous offrait quelques uns de ses rayons, j’étais sortie avec ma petite Chloé pour en profiter. J’observais ses cheveux noires briller au soleil, ses yeux sourire aux nuages blancs et sa voix mélodieuse chanter “j’aime la galette” qu’elle avait appris à l’école.

Elle avait des pupilles de la forme noisette, des yeux couleurs marrons de bois. Lorsque le rythme de la vie m’emportait, je me réfugiais dans ses yeux innocents pour me protéger du temps. Lorsqu’elle riait, le monde s’arrêtait, les aiguilles de la montre se figeaient, elle m’emportait, dans son monde à elle, elle qui était mon monde à moi.

Je me surprenais souvent, riant toute seule, versant des larmes, tout en observant un petit être qui avait pris tant de place dans ma vie, un petit être qui était tout l’amour que je pouvais imaginer.

Je m’étais assise sur un banc, l’observant s’amuser à compter les bateaux mouches qui passaient. Je la pris en photo comme d’habitude, une photo de plus dans mon album. Sur chaque photo d’elle, je lui écrivais un petit mot qu’un jour elle lira. Aujourd’hui, je lui avais écris ceci:

” Sur ton pont favori, tu comptes les petits bateaux, tu chantes, tu ries aux éclats, comme si le soleil s’était levé sur Paris juste pour te voir sortir de la maison. Un jour tu te retrouveras à nouveau sur ce pont, avec moi peut être ou pas. Tu te retrouveras à ce même endroit, joyeuse souvent, triste parfois, douteuse quelques fois, rêveuse toujours. Tu te retrouveras seule ou avec des amis. Tu te retrouveras seule ou avec lui. Que tu sois seule, ou avec compagnie, n’oublie surtout pas de compter les bateaux mouches, de chanter, rire aux éclats comme si le soleil s’était levé sur Paris juste pour te voir sortir de la maison. J’espère un jour, ne plus te voir sur le pont, mais plutôt prendre ma place sur ce banc, observant à ton tour, ton monde à toi, faire réveiller le soleil de Paris et compter les petits bateaux mouches de la rivière, qui passeront toujours sous le pont de la vie.”

 

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