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L’enveloppe

“À l’intention de Mlle Célia LEBLANC”.

L’enveloppe contenait les résultats de mes tests. Je venais juste de quitter l’hôpital et marchais sur le pont qui liait les deux bouts de la ville. Je ne voulais pas retourner chez moi, je voulais lire ce que ces papiers contenaient, ici, sur ce pont, face à la vie.

“Mlle LEBLANC, vous souffrez d’une illusion de perte de souvenirs dans les cellules cérébrales. Vos tests ont montré un niveau de peur élevé, ce qui laisse votre cerveau croire que vous êtes en train de perdre certains souvenirs avec le temps. Cette illusion de perte de souvenirs provient d’une peur de ne pas pouvoir les renouveler…”

Cela expliquait les larmes soudaines, le changement d’humeur, les illusions du future, l’attachement à certains détails, la marque de certaines dates… Je m’en doutais.

Je jettais l’enveloppe sans même lire la liste de traitements. Je savais ce dont j’avais besoin.

J’avais besoin de m’assoir sur les toits, regarder les lumières briller dans la pénombre. J’avais un faible pour les révèrbères de la ville et toi aussi. Une musique à peine audible et des yeux brillant à la place des étoiles. Un air frais, glacial. Être seule avec une seule compagnie, être seule à ma façon. Le froid et les nuages blancs. Le souffle glacial s’échappant de ma bouche.

Je m’attachais à quelques bouts de pensée comme une planche de bois délaissée sur les vagues enchaînées de l’ocean. Peut-être dans un future proche, peut-être pas, nous pourrons écouter l’echo de la ville se coucher au petit matin, allongés sur l’un des toits de la ville. Peut-être vivre avec une overdose de souvenirs. Oui, une overdose de souvenirs, de nuages roses, de toi et de l’amour du ciel au petit matin.

 

 

 

 

 

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Ma mama

Quand j’ouvre les yeux, elle est lumière, quand je m’endors, elle est silence, quand j’ai peur, elle est prière, quand je danse, elle est chanson.

Pour ses yeux, seule à elle, je ferais tout pour les faire briller, je passerais la flamme à chaque étoile, pour allumer les yeux de ma mama.

Quand je m’enfuis dans les bois, elle m’attends à la fenêtre, quand je crie à l’océan, elle est l’écho qui me revient, quand je fais nuit blanche, elle est le premier rayon qui me réchauffe, quand je me perds dans le monde, elle est la boussole qui me dis retourne à la maison.

Pour son sourire, seule à elle, je ferais tout pour le voir souvent, je lui lirais des histoires, des chansons je chanterais, tout cela pour lui offrir, le sourire qui rendra les autres jaloux.

Quand je dis je t’aime, c’est elle qui me l’a appris, quand je suis passionnée, c’est de son coeur que je me suis inspirée, quand je dis j’ai peur de te perdre, c’est elle qui me l’a toujours fais ressentir.

Pour sa vie, seule à elle, je ferais tout pour la rendre plus longue, je volerais des années à l’univers pour les donner à ma mama.

Quand je dis mon Dieu, c’est elle que je veux garder, quand je vois le future, c’est elle que je veux observer et quand je veux devenir maman, c’est ma mama que je veux être.

Pour ma mama, je ferais tout, je me transformerais en magicien, je lui offrirais tous les voeux du monde, tout cela pour ne pas la perdre, pour qu’elle reste ma mama, elle seule, ma mama pour toujours.

 

 

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Un ciel rose- rouge

Je dégageais les rideaux.

Le ciel était enflammé. C’était un de ces matins où le ciel était rose- rouge et où les nuages avaient abandonné leur couleur habituelle pure. Un matin où je pouvais m’abandonner au paysage, mes yeux embrasés.

Un matin parfaitement imparfait, où la beauté de la vie s’imposait à sa façon. Avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

Une vaste étendue bleue qui couvre la planète, qui se pourpre de rose à ta fenêtre,qui illumine tes joues d’une de ces belles couleures, et fait renaître la vivacité à tes prunelles. Un matin comme ceci, c’est rare, un ciel comme ceci, on n’en voit pas tous les jours.

C’est quand lorsque tu te rends à la patisserie tard,à 11heures du matin et que tu trouves tout de même un dernier croissant amandes.

C’est lorsque tu flânes sur ta terrasse tard le soir, et que, enfin tu reçois un message tant attendu pour te donner le sourire.

C’est lorsque après tant d’années, tu retrouves un ami d’enfance que tu croyais avoir perdu, en attendant à la caisse au monoprix.

C’est lorsque, dans ta voiture, fatigué,comptant les minutes pour arriver chez toi, que ta chanson préférée sort de la radio.

C’est lorsque tu reviens du boulot et que tes enfants sont déjà endormis, mais ils se lèvent juste pour te donner un câlin avant de retourner au lit.

C’est aussi ces rares moments de la vie qui te manquent à l’instant même que tu les vis.

Ne me dis pas, avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

Il faut y croire. I fallait y croire.

Même au dernier instant, où l’on croit que la pluie nous suivra pour toujours, on peut se reveiller avec un ciel rose- rouge, à notre fenêtre.

On peut se réveiller, les cheveux emmêlés, une tasse de café entre les mains, observant la peinture des cieux, et croire à nouveau à la beauté imparfaite de la vie. Car, en fin de compte, il faut y croire pour avancer, ces petits détails ne sont pas si petits, ils donnent sens à l’existence, ils te colorient l’âme rose- rouge comme le ciel de ce matin.

Ne me dis pas, avec un ciel comme ceci, tu ne crois pas aux miracles?

 

 

 

 

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Peut-être un jour, peut-être bientôt

L’encre noir coulait sur les pages de mon petit cahier. Éclairé par une lampe, le cahier se noyait. J’écrivais dans ma chambre, j’avais finis par m’endormir et l’encre avait profiter pour s’échapper.

Les yeux lourds, j’observais les flaques noires envahir les pages vierges, j’avais juste commencer à écrire le début de mon roman. Celui-ci nageait dans un ocean noir maintenant.

Les aiguilles de ma montre indiquait 23:55. Un nouveau jour. Un nouveau jour qui attendait d’être vécu de différentes façons, de différentes manières. Un nouveau jour qui offrait le plaisir de rêver et le plaisir d’y croire encore une fois.

23:56

On y croit toujours. On y croit, oui. On croit à la promesse de l’aube, aux rayons de soleil qui viennent nous reveiller.

23:57

Tu te souviens de quelle couleur était le ciel ce jour là? Tu te souviens des quelques secondes qui ont précédé notre rencontre?

23:58

J’avais pris un taxi jaune ce jour là, il était 16 heures environ. J’avais mis un pull vert kaki ce matin, “n’importe lequel” je m’étais dite, en fin de compte, ce pull kaki était devenu mon pull fétiche.

23:59

Le moment de rencontre n’était pas calculé, celui de l’adieu, par contre, était attendu.

Je n’avais pas eu le courage de me retourner. J’avais souris en promettant une nouvelle rencontre.

00:00

Peut- être un jour, peut-être bientôt. Entre le passé et le futur, seul le présent m’appartenait.

00:01

Un nouveau jour.

Je déchirais les pages noircies de mon cahier et avec elles la date de mon calendrier.

Je m’enfonçais dans les draps, rêvant de la couleur du ciel qu’il ferait ce jour là.

Peut-être un jour, peut-être bientôt.

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Le pont de la vie

L’eau de la rivière faisait couler son bleu étincelant en dessous du vieux pont. Le soleil nous offrait quelques uns de ses rayons, j’étais sortie avec ma petite Chloé pour en profiter. J’observais ses cheveux noires briller au soleil, ses yeux sourire aux nuages blancs et sa voix mélodieuse chanter “j’aime la galette” qu’elle avait appris à l’école.

Elle avait des pupilles de la forme noisette, des yeux couleurs marrons de bois. Lorsque le rythme de la vie m’emportait, je me réfugiais dans ses yeux innocents pour me protéger du temps. Lorsqu’elle riait, le monde s’arrêtait, les aiguilles de la montre se figeaient, elle m’emportait, dans son monde à elle, elle qui était mon monde à moi.

Je me surprenais souvent, riant toute seule, versant des larmes, tout en observant un petit être qui avait pris tant de place dans ma vie, un petit être qui était tout l’amour que je pouvais imaginer.

Je m’étais assise sur un banc, l’observant s’amuser à compter les bateaux mouches qui passaient. Je la pris en photo comme d’habitude, une photo de plus dans mon album. Sur chaque photo d’elle, je lui écrivais un petit mot qu’un jour elle lira. Aujourd’hui, je lui avais écris ceci:

” Sur ton pont favori, tu comptes les petits bateaux, tu chantes, tu ries aux éclats, comme si le soleil s’était levé sur Paris juste pour te voir sortir de la maison. Un jour tu te retrouveras à nouveau sur ce pont, avec moi peut être ou pas. Tu te retrouveras à ce même endroit, joyeuse souvent, triste parfois, douteuse quelques fois, rêveuse toujours. Tu te retrouveras seule ou avec des amis. Tu te retrouveras seule ou avec lui. Que tu sois seule, ou avec compagnie, n’oublie surtout pas de compter les bateaux mouches, de chanter, rire aux éclats comme si le soleil s’était levé sur Paris juste pour te voir sortir de la maison. J’espère un jour, ne plus te voir sur le pont, mais plutôt prendre ma place sur ce banc, observant à ton tour, ton monde à toi, faire réveiller le soleil de Paris et compter les petits bateaux mouches de la rivière, qui passeront toujours sous le pont de la vie.”

 

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La flamme

Et après tout ce temps, on ne reconnait personne, on ne se reconnait même pas soi-même. On se regarde dans le mirroir, on enfonce nos yeux dans les siens, on découvre une flamme qui s’éteint. On entend un crépitement de bois, et puis plus rien.

Cette flamme était vivante, tellement vivante que dès fois on n’avait même pas besoin de s’approcher autant au mirroir pour la voir. On la voyait de loin, souriante.

Le plus souvent, nous et notre mirroir ne faisons qu’un, malgré cela, la flamme nous échappe. Comme de la magie dans un cirque, on l’attend, on sait qu’elle va jaillir, on attend en silence. On sait que le magicien ne nous decevra pas. On sait qu’on est là pour voir apparaitre la flamme jaillir de nul part et on l’attend.

Quelques secondes, quelques minutes, et on se rendra compte que la vie n’est pas un cirque. On se demandera pourquoi on est planté devant un carré de verre qui nous immite, en regardant une silhouette devenue tantôt familière tantôt étrangère.

On entend quelques crépitements de bois, et puis plus rien. Plus rien, sans pourtant savoir jusqu’à quand. Plus rien, un vide, une détresse, un manque, une décéption… on ne sait pas. Un mélange de tout, un mélange de rien.

Peut être qu’on essaie d’appeller la flamme, on chuchote, on lui parle, on crie. Elle ne répond pas. On veut casser son reflet, cela ne servira à rien, notre visage sera toujours là et la flamme toujours pas.

Lorsque quelques rayons de soleil viennent s’introduire dans la chambre, traversent notre visage, s’approche de nos yeux, on se dit qu’il est temps de dormir. Le soleil se lève, on se remet au lit, peut être que la lune, c’est nous. La lune n’est qu’un mythe. La lune c’est nous. On se passe le rôle, on reste debout la nuit, on attend la flamme.

On l’attend, jusqu’au jour où on l’attendra plus. On l’attend jusqu’au jour où elle reviendra briller dans le miroir, et nous, nous serons endormis car il ne fera plus nuit.

 

 

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Le petit nuage

Mes pas résonnaient le long du couloir obscur. Seules quelques lumières de l’éxterieur illuminaient le château. Ce majestueux endroit était desert et j’étais venue ce soir pour récupérer quelque chose.

Les escaliers en spirale semblaient interminables. J’étais préssée. Je devais retrouver cet objet le plus tôt possible. Mes pieds se disputaient les marches. Autour de moi, des tableaux, des photos et des bougies. Un parfum de rose était maître du château mais personne n’habitait ici depuis des siècles. J’essayais d’ouvrir les portes, toutes étaient férmées à clés.

Je courais d’un étage à l’autre, ma robe valsant, mes pieds nus faisant trembler le tapis rouge sous mes pieds. Tout le monde avait peur de ce majestueux domaine, on disait qu’il était hanté. On disait qu’il existait un petit bocal qui renfermait un nuage. Ici, dans ce château. Ce nuage délivrait le secret du futur, il t’emportait pour quelques secondes dans le nuage de ta vie. On disait que rien n’était plus intense, rien n’était aussi effrayant. C’était ce bocal là que je cherchais avant que la nuit ne s’achève.

Une porte grinçait, un vent emportait ma robe. Je me tournais. Une porte venait de s’ouvrir derrière moi, cette porte menait à la grande tour. Je pris ce chemin avant que le château ne change son avis et ne referme sa porte à mon nez.

Soudain, je me retrouvais en plein air, sur la plus haute tour délivrant à mes pieds toute la ville. Le vent n’était plus aussi violent et le parfum de rose m’avait suivi jusqu’à l’exterieur. Il y a avait un objet au bord. Un bocal en cristal se présentait près de moi, et à l’intérieur, un petit nuage blanc. Je souris. Je m’approchais pour le toucher… La porte de la tour claqua derrière moi et le nuage s’assombrit dans le bocal jusqu’à se confondre avec l’obscurité de la nuit.

Dans quelques secondes j’étais emportée, le film de ma vie passait sous mes yeux, vite et lent, sans dimension de temps, les émotions se disputant les rôles, les évènements l’un après l’autre, les visages aussi, certains familiers et d’autres pas. Je recherchais quelque chose, je recherchais une réponse, je détaillais les visages… mais je n’avais que quelques secondes… et elles étaient terminées.

J’ouvris les yeux sur la ville. J’étais toujours sur la tour et le petit nuage était redevenu blanc. Je remarquais que j’avais pleuré et que mes joues étaient toujours humides. Je savais pourquoi. Je m’approchais du bocal lentement et le pris dans mes mains. Je savais maintenant pourquoi les gens fuyaient ce château. Ils avaient peur de ne pas voir ce qu’ils éspéraient. Ils avaient peur de ne pas être à la hauteur d’un future qu’ils ne pourront pas changer.

J’ouvrais le bocal et en sortit le nuage. Je le caressais calmement avec ma paume. Je l’observais de mes yeux lourds, sans rancune. Je l’observais comme si j’avais mis au monde ce petit bout de ciel. Il changea encore une fois. Cette fois-ci, il ne devint pas noir. Mais il se transforma en un bout de ma vie, c’était ce dont je voulais voir dans mon futur depuis le début. “C’est cela que tu veux?”. J’ouvris grand mes yeux. Je tremblais. Je fis oui de la tête. J’avais peur.

“J’ai accueilli tant de personnes ici chez moi me dis le nuage. Tous avaient vu comme toi le film de leur vie. Aucun n’a pu revivre normalement. Ils ont brisé mon bocal à plusieurs reprises, ils m’ont écrasé. Certains m’ont maudit, tu sais, j’entends leurs cris chaque soir.

Toi, je sais ce que tu veux. Je sais pourquoi tu pleures. Mais je ne sais pas pourquoi tu m’as pris dans tes bras. Tu as continué à voir en moi le petit nuage blanc malgré la noirceur dont je suis capable de créer, tu as choisi de me caresser au lieu de me démolir, tu as choisi de m’aimer au lieu de me haïr et surtout tu as voulu y croire encore malgré toutes les évidences que j’ai pu apporter.”

Je lui souris. Je m’approchais du bord, le nuage toujours entre mes mains, et je le libérais dans le ciel.

“Je porterais tes voeux à la galaxie, je porterais cette image de ton futur au creux de l’univers. Je dessinerais le visage que tu voudras, les souvenirs que tu accumuleras, je me battrais pour les rêves que tu souhaiteras. Car un coeur qui sait aimer malgré tout, est un coeur qui mérite que l’univers travaille dur pour lui offrir la joie, c’est un coeur rare qui mérite que l’univers change son parcours pour le rendre heureux.”

 

 

 

 

 

 

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