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Un croquis de coeur

Un croquis de coeur humain était dessiné sur le mur. Mon amie m’avait entrainée dans sa chambre, contente de me montrer son premier dessin.

Je me suis attardée sur ce croquis pendant plusieurs minutes. J’observais avec attention les artères, les ventricules et la petite forme de cet organe puissant. Elle l’avait dessinée noir sur blanc. Je me suis moi même imaginée le sang rouge traverser, et le muscle se contracter et se décontracter.

On en a tous un. Un de ces coeurs, mais avec des gravures différentes, des odeurs différentes et même des voix emprisonnées différentes.

Le coeur est bien autre chose qu’un organe et du sang. C’est toute une vie que l’on cache dans ce petit organe. Tu me diras mais il est trop petit pour y insérer une vie. En fait, le secret c’est d’y insérer tout avec amour. Et le coeur absorbe l’amour comme s’il absorbait l’eau de vie.

Même si tu oublies certains détails, ton coeur sera plus que joyeux de les faire submerger à la surface, que se soit en écoutant une musique ancienne, en ressentant ses mains sur ton visage après tant de temps, en plongeant dans des albums photos poussiéreux ou en appercevant une silhouette sur ton balcon buvant ta bière préférée. Ton coeur enregistre les milli de secondes, les brefs instants, et certains moments un peu plus longs de notre existence où l’on se dit, “c’est bien ça.”

Le coeur le fait, à une condition, que le souvenir enfoui soit porteur d’amour.

En fin de compte, “L’être humain ne peut s’accomplir que par l’Amour”. Je vis avec cette phrase, qui donne sens à ma vie, cette phrase dite par un Saint de mon pays qu’on célèbre chaque 22 du mois.

Je vis de cette phrase, et cela me suffit pour être fière. Je suis certaine que rien n’est plus beau que de remplir un coeur de voix de personnes qu’on aime, de visages familiers, de certains épisodes inoubliables, de certains fou rires à midi ou à minuit, d’une odeur de chocolat chaud qui fait rappeler des souvenirs d’enfance, une petite note par ci, un bout de musique par là, un regard figé et des couchers de soleil accumulés.

On a tous un croquis de coeur qui fait circuler du sang.

Je décide de lui donner vie en y mettant tout l’amour que je possède et que je peux recevoir des gens que j’aime, et vous, vous en faites quoi de votre croquis de coeur?

 

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L’humanité?

J’écris des notes, je barres. Je réecris la même chose puis je me décide à nouveau de les enlever.

Les mots ont un pouvoir limité face aux sentiments. On ne peut pas tout écrire.

Je me lève et m’assois dehors sur le sol glacé. Aux alentours, personnes. Uniquement deux chats qui dorment sur mon paillasson. Il s’agit des chats de mon voisin. Ils viennent toujours chez moi, me rendre visite vers 4 heures du matin et lorsque les rues commencent à s’inonder de gens, ils repartent chez eux.

En fait, ils savent que je me lève à peu près tous les jours à cette heure ci et que je m’assois dehors. Ils viennent toujours ensemble, ils traversent la rue et se figent devant ma porte, les yeux rivés sur moi.

Je ne sais pas pourquoi ils s’intérèssent à moi. Peut être parce que je ne les chasse pas comme le fait la majorité des gens habitant cette rue. Je les laisse là, l’un collé à l’autre, m’observer à 4 heures du matin.

Je n’aime pas les yeux des chats. Mais eux, c’est quelque chose d’autres. Ils me regardent avec tendresse, ils me tiennent compagnie. Je ne leur dirais jamais d’aller voir ailleurs.

On ne dit jamais cela aux êtres qui ont l’unique intention de t’accompagner dans ta solitude.

On ne dit jamais cela aux êtres qui ont l’unique intention de voir si tu vas bien.

On ne dit jamais cela aux êtres qui ont l’unique intention de t’aimer à leurs façons.

Je ne les nourris pas. Je les observe comme ils le font eux aussi avec moi. Ce qui m’a toujours surpris aussi, c’était qu’ils étaient toujours deux à venir, l’un ne venait pas sans l’autre et c’était beau à voir.

Cela fait plusieurs mois et c’est toujours la même chose. Cette fois, je décide de leur donner un bol de lait bien frais.

Au moins, ils le méritent.

Au moins, ils prennent le risque de traverser la rue à 4 heures du matin pour venir m’observer assise par terre, perdue dans mes pensées, les observant tout en ne les observant pas, essayant de comprendre pourquoi deux chats pouvaient agir de façon humaine alors que même certains humains n’arrivaient pas à le faire?

L’humanité, c’est un mot que nous avons inventé parce qu’on est des humains, mais l’humanité, c’est un acte que d’autres êtres appliquent parce qu’ils ne se perdent pas dans les mots et les apparences.

Un humain m’a déjà dit d’aller voir ailleurs.

Les deux chats de mes voisins ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais.

 

 

 

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On ne te dira pas

On ne te dira jamais certaines choses. On te laissera découvrir. La vie n’est pas un film où tu pourras regarder des brefs passages avant de payer ton ticket et t’installer. On t’offre simplement le billet et tu t’installes.

On ne te dira jamais que les héros, ça n’existe pas. On ne te dira pas non plus que toutes les fins ne sont pas heureuses.

On ne te dira pas que les moments de bonheur ne sont que des minutes, si tu as de la chance un peu plus longtemps peut être, et on ne te dira pas que les autres moments c’est à toi de les rendre plus vivables.

Souvent, on essaie de rendre les choses plus simples, meilleures et parfois même on les raconte à l’opposé de ce que l’on vit, mais en fin de compte tu remarqueras qu’on ne t’avait pas tout dit.

Ce n’est pas uniquement les mauvaises choses qu’on ne te dira pas… Les plus beaux moments de notre existence ne sont jamais bien dévoilés.

Peut être que ces moments là sont les plus difficiles à décrire. C’est difficile de traduire par les mots des moments rares, portant une si grande intensité d’émotions.

On ne te dira pas que ces moments là sont comme une drogue qui n’est accessible qu’une seule et unique fois, car aucun moment ne se revit de la même façon, aucun moment ne se répète tel qu’il est.

On te dira sûrement que la vie est courte mais on ne te dira jamais comment la vivre.

En fait, il faut aimer et se faire aimer. Il faut savoir aider et se laisser faire aider . On ne te dira pas cela, car pour la majorité, aimer c’est être faible et naif.

Je peux te dire que ceux-ci n’ont rien compris à la vie.

La force n’est pas violence,

La force est amour.

On ne te dira pas cela, car peut être, l’amour nécéssite un courage que beaucoup ne possède pas.

L’univers à besoin de toi pour aimer sans frontière et transformer le monde en un monde plus courageux.

 

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Ma bulle

J’ai une bulle à moi toute seule, je m’y refugiais lorsque j’en avais envie, et je me disais, peut être qu’un jour je permettrais à quelqu’un de la visiter.

Avec le temps, j’ai découvert que je ne voulais pas juste m’y réfugier mais je voulais y vivre. Je ne voulais permettre à personne d’y entrer, cette bulle devait m’appartenir à moi toute seule.

Surtout ne laisse personne y entrer. C’est ta bulle à toi. Ce n’est pas un refuge mais un domicile fixe, c’est un endroit qui te protège de la réalité, de la vie.

Au début, tu sentiras que la bulle est froide, c’est normal, tu n’y venais pas souvent. Avec le temps, tu lui rendras la chaleur nécessaire pour te réconforter.

Une bulle s’éclate facilement, tu sauras donc comment la protéger. C’est comme les belles choses. Elles se cassent facilement tu sais. Elles sont aussi fragiles et surtout très rares.

Les premiers moments tu trouveras du mal à rester là dedans, tu laisseras la porte entrouverte, tu jetteras des coup d’œil pour voir si quelqu’un t’aurais suivi, tu voudras peut être même changer d’avis… Avec le temps tu sauras que tu étais en train de perdre ton temps et qu’il fallait mieux fermer la porte pour réchauffer la bulle.

Tu pourras toujours sortir, mais seulement quand tu en auras envie. Seulement quand il fera tard le soir ou très tôt le matin, lorsqu’il n’y aura personnes, lorsque toutes les rues seront désertes.

Peut être après tu voudras voir du monde et peut être pas.

Peut être que ta bulle ne te suffiras plus.

D’ici là, elle te suffira et c’est le seul endroit qui te protègera jusqu’à que tu auras les forces nécessaires à nouveau pour sortir de ta bulle.

 

 

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La grande roue

Petit, déjà tu n’aimais pas la grande roue. Ce manège montait trop haut, il allait parfois vite et tu sentais ton coeur vibrer de peur. Tu étais tout petit à côté de ce jeu, lui qui tournait majestueusement et toi en bas, la tête levée vers lui.

Aujourd’hui tu y fais un tour parfois.

Parfois quand la vie va trop vite, ou va trop lentement, parfois quand on oublie qu’on a un coeur et qu’on veut l’entendre battre plus fort, parfois lorsqu’on se souvient que tout petit, on ne voulait pas tourner avec la grande roue, mais que maintenant on ne fait que ça, sans même se rendre au parc d’attraction.

La nuit, elle s’allume. Elle clignote. Je la trouve plus belle alors. J’achète toujours une barbe à papa pour la déguster là haut. Un jour, mon cousin m’a dit de ne pas pleurer lorsque la grande roue s’arrête tout en haut, car le monsieur en bas ne la fera descendre que si j’arrêtais. Maintenant je sais que le monsieur n’a rien à foutre de moi, il appuie juste sur sa machine et c’est parti. Je peux pleurer autant que je veux là haut, la grande roue tournera toujours et elle continuera de s’allumer la nuit.

Je l’aime bien en fait la grande roue maintenant. Elle n’est pas méchante. Elle est juste fière de sa hauteur et de sa lumière la nuit. C’est un peu comme la tour Eiffel de chaque parc d’attraction. Il faut juste l’admirer, il faut juste la comprendre.

J’y fais un tour souvent, toujours seule. Seule avec ma barbe à papa. J’essaie d’y aller la nuit pour pouvoir mieux observer les étoiles. Et je me surprends parfois de prier un tout petit peu pour que le monsieur oublie d’appuyer sur le bouton pour nous faire descendre. Juste le temps que je finisse de compter les étoiles.

A deux c’est meilleur. A plusieurs, oui pourquoi pas. Il faut juste savoir avec qui faire le tour. Il faut juste savoir avec qui partager sa barbe à papa. Peut être alors que je ferais plus qu’un tour si j’étais accompagnée, peut être que j’y reviendrais encore plus souvent. C’est important de savoir avec qui faire un tour de manège, surtout la grande roue. Et c’est plus important de savoir avec qui partager sa barbe à papa.

C’est important d’avoir une image claire de ce que l’on veut:

“Ce soir je veux aller au parc d’attraction. Je veux faire trois fois le tour de la grande roue avec toi, vers 21 heures, lorsque les étoiles seront plus lumineuses.  En plus de ça, je vais m’acheter une barbe à papa et je ne vais pas pleurer là haut. La grande roue clignotera, tournera et je saurais que je n’avais aucune raison de ne pas l’aimer lorsque j’étais toute petite.”

C’est important de savoir ce que l’on veut dans la vie, mais parfois on peut se laisser surprendre par les émotions et la vie.

En fait, ce soir, j’avais fait sept tours de manège au lieu de trois, et je m’étais achetée deux barbes à papa car toi aussi tu les aimais bien.

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Une tête, une épaule

Une tête, une épaule.  Avec ça, n’importe qui peut conquérir le monde.

Tu laisses le monde à part pour quelques heures, tu reprends des forces et tu te permets de croire que tu es immortel.

Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe, les regards se perdent, les esprits se reposent, les coeurs battent calmement et les âmes se réjouissent en silence.

Une tête, une épaule. Un coucher de soleil ou une montagne envahie par la neige, peu importe.

Des paroles qui résonnent bien avec la brise, tout ce que l’on peut dire devient poësie et chanson. Tu as la tête dans les nuages et j’ai la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

N’importe qui peut conquérir le monde lorsqu’il est heureux. Lorsque l’âme se sente apaisée, lorsque le temps ne semble plus aussi menaçant.

Les détails sont importants mais il faut savoir les choisir. Certains détails seront ta vie entière, elles seront la cause de ton existence. Sans eux, on ne peut pas continuer, sans eux on existe sans vivre.

Une tête, une épaule. Peu importe l’endroit. Le bonheur se cache dans les détails. Il est difficile de le trouver mais le bonheur en lui même a pour source la simplicité.

N’importe qui peut conquérir le monde, je l’ai déja conquérit une ou deux fois, brièvement. J’aimerais le conquérir à nouveau, bientôt, plus longuement, un peu plus infiniment.

Tu as la tête dans les nuages et la mienne sur ton épaule. Demain, on renversera les rôles.

 

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Sur les toits de la ville

Sur les toits de la ville, je m’asseyais souvent seule. Je n’aimais pas les altitudes mais j’aimais biens les toits de la ville, le soleil qui se couche et les silhouettes qui se faufilaient dans les rues.

Je prenais avec moi un cahier de note et un stylo et j’écrivais ce que je ressentais et non pas ce que je voyais.

Ce que je voyais, c’était simple, une brève description et voilà mais ce que je ressentais de cette vue, voilà un travail compliqué. Les silhouettes disaient certaines choses que peu comprenaient. Je les regardais, comment ils se déplaçaient, où ils venaient et avec qui. Et j’apprenais beaucoup de choses. J’apprenais que certains jours sont jaloux d’autres. Et j’apprenais que nous essayons de vivre dans nos jours préférés même si nous sommes au mileu de nos mauvais jours. Et j’apprenais que cela faisait toujours mal.

Plus le soleil disparaissait, plus les silhouettes devenaient vulnérables, plus elles devenaient humaines. Elles devenaient plus vraies et c’était à cet instant que je pouvais mieux les comprendre.

Certains jours sont jaloux d’autres, c’est vrai. Et nous sommes parfois jaloux de nous même. Nous, qui avons vécu des journées meilleures que celles que nous vivons maintenant.

Malgré cela, je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil. Je revenais pour revivre certains jours. Je revenais pour en créer des meilleurs. Je ne réussissais pas toujours mais je revenais sur les toits à chaque coucher de soleil.

Et les silhouettes avec moi essayaient à nouveau, sans qu’elles le sachent, sans le comprendre. Elles se battaient simplement en vivant le jour suivant, en se faufilant dans les rues et en espérant de renaitre à nouveau avec chaque coucher de soleil.

 

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