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Un père et une fille

Dans une mémoire d’une fille, existe toujours cet homme, qui depuis son jeune âge l’accompagne.

Cet homme fait partie de son propre monde, qui est au creux de son coeur. Il lui a dit les mots doux lorsqu’elle en avait besoin, il lui a offert la tendresse lorsqu’elle n’arrivait pas à en donner et il lui a appris ce qu’elle valait, lorsqu’elle ne connaissait pas encore ce qu’elle méritait.

La fille grandit, se dévoile, découvre, chute, se blesse… mais elle renaît toujours. Elle renaît comme un nouveau né, aux yeux de son père. Après chaque renaissance, un nouvel espoir, une nouvelle vision du monde que, cet homme, son père, lui donne.

Pour elle, il est un magicien. En fait, lorsqu’elle grandit, elle réalise que ce bonheur qui lui est si facilement offert, ne provient pas de la magie, mais plutôt du sacrifice de cet homme pour sa fille. Il existe une sorte de magie dans tout cela, car un tel amour ne peut exister sans magie. Une magie qui ne provient pas d’ici, mais d’un autre monde.

Un jour, chaque fille, aimerait offrir à son père tous ce qu’il désire, pour le remercier, sans fin. Mais, il n’acceptera jamais, il ne voudra jamais rien d’elle, il lui dira et redira que pour lui, le bonheur, c’est elle.

Même si elle n’a pas l’occasion de le dire chaque jour, mais pour elle aussi, le bonheur c’est lui, et elle se battera chaque jour pour devenir la femme qu’il a élevé, elle cherchera son autre moitié en ayant toujours l’image de son père en tête, car pour elle, le bonheur c’est de le rendre fier et de rester à jamais la petite fille qu’il a tant aimé.

 

 

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Les grains de sable

Comme des grains de sable ruisselant de nos doigts, la vie nous échappe parfois. On s’accroche aux petites particules qui n’ont pas pu s’echapper, et qui restent endormies dans notre paume. On les observe un instant, détéctant le moindre glissement, la moindre escapade, on s’y attend toujours.

Au creux de notre main, les grains de sable restant, brillant au soleil doré, sont les personnes qui nous sont déstinées pour la vie. Elles restent là, s’accrochant à nous, malgré tout. Elles ne s’échappent pas, car la vie sans nous, n’a plus de sens, et la vie sans elles, n’a pas de goût.

Le sable est bien plus qu’une mer jaune brûlante, elle est un monde à part entier, où la vie se repose, où la vie s’échappe. Chacun d’entre nous peut voir sa reflection dans le sable, tout est écrit sur ces minuscules cailloux dorés, ceux qui nous aiment, ceux qui nous quittent, ceux qui reviendront et ceux qui attendent une deuxième vie pour nous revoir.

On s’accroche à ces grains de sable, comme si notre vie en dépendait, comme l’ancre qui ne veut pas quitter le large de si tôt. l’ocean est le bout du monde, et le sable, un passage secret pour y accéder.

A chaque coucher de soleil, je relis les écrits du sable, je m’accroche davantage, je renferme les grains de sable restant dans ma paume, je les serre bien, au chaud, je ne me veux que rien m’échappe, pour l’éternité.

 

 

 

 

 

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Un ocean

La porte grinçait à son ouverture et je passais la tête pour voir à l’intérieur. J’hésitais à entrer, cependant, c’était chez moi. Au moins, cela avait été mon “chez moi” pour une période donnée. Je posais mon sac à main au pied de la porte, sur le sol poussiereux, et mon parapluie glissa sous mes pieds. Je restais clouée.

Les murs appauvris par le temps me semblaient vibrer comme un coeur. Ses fissures profondes essayaient de rendre vie aux murs comme des artères en manque de sang.

Le piano était toujours au coin, les fleurs étaient mortes dessus. Les fleurs que j’aimais, elles étaient toujours là, elles n’avaient pas d’odeur, mais elles parlaient. Elles racontaient des souvenirs, elles racontaient des moments vécus et d’autres qui devraient être vécus. Elles racontaient tout, mais je savais déjà toute l’histoire.

J’avançais un peu plus, touchant les murs et palpant les battements du passé, j’avançais vers ta fenêtre préférée, ouvrant ses portes sur l’ocean. Je me tenais à son rebord, juste comme toi, auparavant. Je souris. Tu aimais tellement l’ocean que tu es devenu un. Profond, sombre, loin, en apparence magique, à l’intérieur foudroyant. On s’y noie facilement, tu sais, et on n’y revient presque jamais. Pas de littoral, pas d’ancre, on se perd dans les flots.

Je ne me sens plus chez moi, je suis déboussolée et tout ce qui m’étais familier s’ecroule devant mes yeux. J’en avait assez, je m’apprêtais à partir, les murs bourdonnaient encore plus dans mes oreilles. Les artères du mur ne trouvaient plus de sang.

Je pressais le pas, “chez moi” m’étouffait. La porte était à quelques pas. Quand soudain les ailes de la fenêtre claquèrent. Je me retournais, terrifiée, ton fantôme était là, un fantôme de souvenirs et de pensées me fixais.

L’intensité du moment me depassait, je fermais les yeux. Je ressentis soudain de l’eau à mes pieds, comme des petites vagues à ma rencontre. Ton ocean était venu m’entrainer encore plus loin, il voulait que je m’eloigne encore plus… et je m’eloignais encore plus, et je refermais la fenêtre de l’ocean, et j’écoutais pour la dernière fois le battement des murs et les notes de musique d’un piano qui encourageaient mes fleurs à revivre, et qui lui offraient une nouvelle melodie pour recommencer à vivre.

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Les rides de joie

L’été approchait, le parc célébrait le retour de ses visiteurs en ce beau après midi. Des petits et des grands venaient se perdre dans l’herbe verdoyante pour partager un bon moment avec ceux qu’ils aiment.

Assis sur le gazon, près de la fontaine, un homme agé, une canne à ses côtés, sortait son casse-croute de l’après-midi, qu’il partageait avec Théo. Des tartines au beurre et au miel accompagnées de jus d’orange pour se rafraichir.

” Grand-papa… pourquoi tu as des traits sous tes yeux, sur ton front et partout ?”

Robert souriait, ce qui accentuait ses rides. Théo était curieux, comme tout enfant de 6 ans.

“On appelle ça des rides Théo, et chacune de ces rides evoque un beau moment de ma vie, voilà à quoi elles servent!”

Le petit ouvrit grand les yeux et s’approcha de son grand-père comme pour l’examiner. Comme s’il essayait de lire dans un passé qui lui est incconu et qu’il essayait de decoder.

” Raconte moi grand-papa”

Robert remplit à nouveau les deux verres de jus d’orange avant de se lancer dans un monologue.

“Chaque fois que tu vis un moment de bonheur, une ride se grave sur ton visage, elle se faufile dans ta peau et te marque à jamais. Elle s’enfonce fièrement pour dire à tout le monde qu’elle est là. Il faut accumuler ces moments Théo, la plupart du temps, il s’agit de petites minutes, mais qui nous comblent pour la vie, et parfois, elles peuvent durer suffisament pour pouvoir bien les savourer. Lorsque tu grandiras, tu sauras apprecier chaque ride en regardant ton reflet, tu sauras que ta vie s’est déssinée sur ta peau.”

“Waouh! Dès aujourd’hui, je vais commencer à vivre des moments heureux. Grand-papa, je vais te battre! Je vais en avoir plus que toi!”

Robert caressait sa petite tête et ses cheveux couleur noisette qui mettait bien en valeur ses yeux d’enfants.

“Marché conclu, lorsque tu auras mon âge, tu devras compter tes rides et tu auras intéret à avoir une tête bien froissée…”

Ils sourirent aux eclats.

“Dis, grand-papa, est ce que, quand je pleure, les rides s’effacent? ”

“Non, aucune larme ne peut effacer un moment de bonheur mon petit, aucune. Chaque ride est un bonheur marqué pour la vie…”

“Et le malheur grand-papa, il ne se grave pas ?”

“Si, si, certains seront gravés dans ton coeur à jamais… mais tu sais quoi? A chaque fois qu’un moment triste se grave dans ton coeur, sois sur et certain, que plusieurs rides de bonheur l’ont précédé, car il est impossible de ressentir le malheur sans avoir profondément ressenti le bonheur auparavant…”

Le petit se pencha vers son grand-père, et fronça ses sourcils.

“Théo, vole à la vie les moments de joie, c’est la seule chose dont tu es autorisé à voler. Et à ton tour, autorise la vie à te graver le coeur parfois, quelques instants, juste pour que tu puisses connaitre à quel point, il fait bon d’être heureux.”

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La dame de coeur

C’était à mon tour de jouer. Je jettais un As de pic. Assise sur le bord de la fenêtre gelée, je faisais passer le temps de cette soirée pluvieuse. Je ne voulais pas retourner à mon appartement, je ne voulais pas être seule, je restais donc jouer aux cartes avec des gens du quartier. Je ne faisais pas attention aux joueurs, j’étais absorbée par autre chose. On était à la 6ème partie, je ne savais pas à combien s’élevait le score. Mon verre de vin entre les mains je me plongeais à l’intérieur. Ce petit bistrot du coin était le refuge de tous, ceux qui voulaient tout laisser, ceux qui voulaient tout garder.

Moi, j’avais choisi de tout laisser aller, non pas par volonté mais par nécéssité. La nécéssité de retrouver la lumière.

Il est bon de se cacher la vérité. Juste pour un petit moment, pour reprendre les forces, et puis revenir vers la réalité lorsqu’on sera prêt à la supporter. Et enfin devenir libre de ce qu’on ne peut pas contrôler.

J’allais gagner la partie, mes cartes étaient plutôt normales, mais mes adversaires étaient encore plus distraits que moi. En fait, eux aussi voulaient tout laisser aller et ils le faisaient très bien. Ils venaient reprendre de l’énérgie ici, et dans d’autres endroits où la modestie de la vie prenait le dessus.

Pour moi, c’était un peu différent, en apparence j’étais comme eux, sur la route de la libérté, mais un bout de moi enfoui tout au fond, se retenait prisonnier de l’espoir. Il aimait tellement ses chaines. Et je les aimais tout autant que lui.

La pluie devenait plus enragée et frappait la vitre de toutes ses forces. Mon adversaire venait de jetter le chevalier de pic, je le battais par la dame de coeur sans battre d’un cil.

Un sourire narquois aux lèvres, je lui jettais un regard au passage. Je me levais, le verre de vin à la main, et fixais son visage illuminé par les révèrbères de la rue.

” Laisser ce qu’on ne peut pas contrôler pour retrouver sa libérté? Non, pas tout. J’aime laisser un petit espoir comme prisonnier derrière les barreaux de mon coeur. C’est vrai que je ne serais plus aussi libre, mais un bout de moi préfère se rendre à l’espoir impossible que de se donner tout entier à la libérté qu’on ne peut pas contrôler…”

Il sourit, leva son verre comme pour me féliciter. Il approcha son visage de plus près, la faible lumière du bistrot traçait bien ses traits. J’avais un pincement au coeur, j’imaginais un visage qui n’étais pas d’ici.

J’avais les larmes aux yeux. Je fis tourner mon verre de vin pour la dernière fois, comme j’aimais sa couleur, comme j’admirais son tourbillon… Mais il faut lâcher, mais il faut réessayer…

Le vin éclaboussa sa chemise et je m’en alla le verre vide, les talons resonnant comme les marches d’un soldat.

Les cartes par terre étaient éparpillées, seule la dame de coeur restait, imbattable sur la table, le fixant de toute libérté et de toute condamnation qu’elle possedait.

Une larme de vin coulait sur elle, elle aussi pensait voir un visage qui n’était pas d’ici.

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Le Chemin de la Rose

Les rues sont infinies, les possibilités multipliées, les chemins croisés, un labyrinthe unique, le labyrinthe de la vie.

Tout le monde cherchait sa voie, on se bousculait dans les passages étroits de ce labyrinthe. Moi, un sac sur le dos, une carte dans les mains, je guettais, j’observais, j’essayais de m’en sortir sans pour autant le vouloir. J’aimais bien la géographie, mais là je ne comprenais pas grand chose. Il y avait des milliards de chemins, de flèches, d’indications…

Je choisis une voie au hasard et hop. Le hasard comme toujours, un secoureur de court instant qui peut se transformer en ennemi de la mémoire pour la vie… Mais on n’a pas toujours le choix.

Je longeais le chemin de droite, nommé sur ma carte “Chemin De La Rose”. Des gens couraient déjà par là essayant toujours de se sauver. Ce chemin comme son nom l’indique était rempli de rose dans ses ruelles étroites. Les poumons fleuris, je marchais fredonnant un air de campagne…

Une femme m’interpella, me secouant la carte sous mes yeux, elle était paniquée comme tout le monde d’ailleurs, mais elle était la seule à s’occuper de quelqu’un d’autre qu’elle même:

“Hé Ho !! Il n’y a pas de temps!! Ca va pas la tête de te promener ainsi et de chanter?”

“Pas de temps pourquoi? Regarde les roses et tout et regarde là bas il y a….”

“Oh mais arrête… c’est toi qui devrait regarder ta montre avant qu’il ne soit trop tard…”

Elle avait compris que je n’avais rien pigé.

“Le succès, la joie de vivre et l’amour, tu ne les retrouveras pas dans tes roses… Vite depêche toi! Tu dois les retrouver avant que tout ne s’achève…”

Elle s’en alla.

“Tu ne les retrouveras pas dans tes roses”… mais n’importe quoi…

Le succès? Pour moi, ce n’est sûrement pas faire comme les autres. Ici tout le monde se tue pour se sauver, et moi j’ai eu le courage de prendre la voie que je voulais.

La joie de vivre? Le chemin de la rose me rend heureuse, j’essaie de ne pas penser à ce que le labyrinthe de la vie nous préserve… Je vis donc chaque instant.

L’amour?  Je ne l’ai pas encore trouvé dans une autre personne… Mais je m’accepte et je m’aime moi même, et personne ne sera aimé sans avoir appris à s’aimer complètement en premier.

Je jettais ma carte par terre, le sac à dos aussi et j’enlevais mes talons… pieds nus je courais dans le Chemin de la Rose… Je dansais et j’admirais chaque pétale fleurissante…

Au bout du chemin, une lumière jaillissait, et une ombre venait à ma rencontre…. Une personne qui avait choisit le même chemin que le mien, qui avait trouvé son succès et sa joie de vivre…

Et moi même je venais de trouver les trois élements…

Qui a dit que je ne trouverais rien dans les roses?

 

 

 

 

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A l’horizon

Le ciel était d’un bleu clair en cette matinée de printemps, ma tasse de café noire avait pour reflection la reine des étoiles.

La mer et le ciel à l’horizon se confondaient, ne faisant qu’un en fin de compte, malgré toute la distance qui les oppose sur le grand large.

C’est tout à fait comme nous, nous les humains. Pendant une grande partie de notre vie, on ne se rend pas compte de l’horizon. On ne sait pas ce qui se passe, qui sera là, que serait-on… On est absorbé par le grand large.

Dans la vie, il existe plusieurs horizons, à chaque fois qu’on arrive à l’une de ces frontières, on y garde quelque chose ou quelqu’un, et peut être les deux.

Durant notre traversée du large, existe des personnes qui nous tirent vers le bas, vers l’obscurité sous marine… existe d’autres qui nous envoient des dauphins sauveteurs, nous aidant à traverser, et à atteindre notre horizon.

Ces personnes là, sont celles qui resteront avec nous jusqu’à la fin des temps, si seulement on arrive à deceler leur effort et leur amour.

Il existe toujours du bien dans la vie, celle ci mérite d’être vécue jusqu’à la toute fin.

Il existe des personnes qui illuminent votre vie, regardez de plus près, elles peuvent être partout…

Votre famille, source de votre vie, qui vous encercle d’amour, quand vous oubliez de vous aimez vous même,

Le gardien à l’université qui vous sourie tous les jours comme si vous êtiez la 8ème merveille du monde,

Votre ami d’enfance qui n’a aucune idée à quoi vous ressemblez aujourd’hui sans l’aide de facebook, mais qui vous parle régulièrement,

Votre professeur qui croit en vous, dur comme fer, qui est bien plus cool que vos potes, qui vous donne envie de vous battre, qui vous donne le sourire même après 6heures de cours, bref, un membre de la famille que la vie vous a fait découvert,

La vieille dame du 5ème,qui remercie Dieu de vous avoir comme voisin : vous êtes le seul à écouter sa séance météo matinale,

Des collègues qui finissent par devenir des amis, qui vous font rires, qui croient en vos capacités et sont heureux lorsque vous l’êtes aussi,

L’étranger que vous avez rencontrer lors de votre voyage, qui vous a montré la beauté des coincidences, même si tout s’est terminé en quelques minutes…

Le vieil homme, le sage, le grand père, à qui vous racontez tout, qui admire le temps passé avec vous pour prier et mêler jeunesse et vieillesse…

Bref, voilà, des personnes magnifiques qui vous donnent le sourire, lorsque la vie porte son masque de cruauté.

Personne ne peut vous arracher ces gens là, ils sont là, dans votre coeur et pour une fois la vie a bien choisi vos anges gardiens. On lui doit un merci, tout au bout, à l’horizon.

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