texts

Quelque chose en moins

Tu te tenais face à moi, immobile. Je t’avais reconnu sans pour autant t’avoir vraiment retrouvé. C’était bien toi, en même temps, ce n’était pas vraiment toi.

Tu étais le même, mais avec quelque chose en moins. Quelque chose t’échappait.

Tes yeux, toujours marrons mais moins étincelants. Ton regard, toujours directe mais moins doux. Ton visage, toujours barbu, mais plus ferme. Ta posture, toujours imposante mais moins sécurisante.

Tu étais le même mais avec quelque chose en moins. Quelque chose t’échappait.

Impossible de lire dans tes pensées et impossible de déchiffrer ton coeur. Tu étais toujours face à moi, immobile.

Je te parlais, tu ne répondais pas. Je m’approchais, tu restais cloué.

D’une main tremblante, j’ai touché ton bras. Tu n’as pas réagi.

C’est là que j’ai compris que ce qui t’échappait c’était moi. Ce qui n’habitait plus en toi, c’était moi, et ce que tu ne possédais plus, c’était moi.

Je t’avais reconnu, certes, mais je ne t’avais pas retrouvé.

Où as-tu mis le bout de moi qui habitait en toi? Il est temps qu’il rentre à la maison. Il est temps qu’il se repose enfin, auprès de moi.

Advertisements
Standard
texts

Milli de secondes

Il existe des milli de secondes chaque matin, au moment même de se réveiller, à peine les yeux ouverts, on a l’esprit vide, on ne se souvient de rien et ça fait du bien.

Même pas quelques secondes et que tu te sens renaître, sans un fardeau, sans une souffrance, sans des paroles et sans un souvenir.

L’esprit est propre, ton humeur est saine. Tu respires bien et tout ça en quelques milli de secondes. C’est les plus beaux moments de la journée.

Et si on pouvait accumuler ces milli de secondes ? Et si on pouvait voler au petit matin, ses merveilles?

Ces milli de secondes sont mieux que lorsqu’on dort, car on vit la réalité en ayant l’esprit ailleurs. Tu vis, sans te rendre compte de ta vie. Tu vis, sans te souvenir des années passées, sans la conscience de ce qui peut encore arriver. La vie s’ouvre à toi en quelques milli de secondes.

Si seulement je pouvais les accumuler, pour à la fin en faire toute une vie. Une vie en milli de secondes.

 

Standard
texts

Les mots

Tu ne t’es pas retourné. Tu as continué ton chemin, ta silhouette commençait à disparaitre derrière les arbres.

Tu avais dit des mots. Pour toi, les mots ne sont juste que des mots. Si j’avais l’occasion de te le redire un jour, je te dirais que les mots ont un pouvoir illimité qui restent comme une cicatrice dans le temps.

Tu avais donc dit des mots et tu es parti. Simplement pour toi, difficilement pour moi. Ou peut-être difficilement pour nous deux? Je ne le sais pas. Mais tu avais pris la décision de partir.

Tu continuais à marcher et je restais debout derrière toi. Pour toi les mots c’est une dictature, pour moi les mots c’est la vie. Tu utilisais les mots pour limiter, j’utilisais les mots pour écrire une nouvelle vie.

Je sais, qu’au fond de toi, tu aimerais utiliser les mots comme je le fais. Tu as peur. Et tu as raison. Les mots font peur. Il faut les utiliser avec précaution. Une fois sortis, les mots ne peuvent pas être effacés. Mais, les mots, s’ils sont bien utilisés, peuvent conquérir n’importe quelle peur.

Tu continuais à marcher, lentement, mais toujours. Je restais debout. Étais-tu vide de mots? Parce que moi je ne l’étais pas.

Peut-être que toi aussi. Peut-être que tu arrêteras de marcher. Peut-être que tu te retourneras. Et pour une fois, peut-être, tu utiliseras les mots pour écrire une nouvelle vie. Peut-être tu n’auras plus peur ni des mots ni de toi-même. Enfin, un jour, peut-être.

 

Standard
texts

Imagine

Imagine, pour un moment, que tu peux tout arranger et que tu as le pouvoir de choisir ton destin.

Je choisirais la guérison. Je choisirais la joie non masquée. Je choisirais l’amour. Je choisirais la lumière des cieux. Je choisirais un future rayonnant. Je choisirais d’être bien entourée. Je choisirais aussi, cette plage, au coucher du soleil, vers fin mai, où la brise du soir est aussi belle que le paysage à l’horizon. Je choisirais de m’assoir sur le sable avec mon short jean, ma couronne de fleur sur mes cheveux, cette couronne que tu m’as offerte.

Je choisirais de voir un apaisement, un danger éliminé à jamais, une prière excaucée, des âmes sauvées.

Je choisirais de te voir positif, je choisirais de t’écouter aimer la vie. Je choisirais de faire de même. Et que tous, aussi.

J’aimerais tellement entendre les vagues me féliciter. Me dire que tout va bien. J’aimerais sauver les gens que j’aime. J’aimerais voir tes yeux pétiller de joie. De la pure joie. Sans peur, sans regret, sans doute.

Imagine, pour un moment que tu as ce pouvoir.

Imagine.

Comme le monde serait meilleur.

 

 

Standard
texts

Crois en Lui

Quelque chose s’enflamme au fond de toi, mais tu ne ressens pas sa chaleur. Ça brûle à peine, ça déchire peut-être, ça s’apaise parfois et ça s’enflamme à nouveau.

Cette flamme brûle une certaine joie, un certain sens, un certain goût. Elle brûle tout sauf l’essentiel. Bien sûre, comment une flamme peut-elle s’enflammer elle-même?

Elle brûle. Elle est lourde. Elle tourmente.

Elle apparait à 9h du matin lorsque tu prépares ton café.Elle apparait aussi, lors d’un après-midi ensoleillé, sur la terrasse avec tes amis.Elle s’enflamme tout d’un coup, lorsque tu es dans la queue au supermarché. Elle adore aussi brûler le soir, quand tu essayes de lire un bouqin avant de dormir.

Bref, la flamme se répand dans ton âme, à chaque moment de ton quotidien. Sans chaleur. Mais seulement avec une brûlure invisible.

Autour de toi, personne ne comprend vraiment, et tu sais quoi? Ce n’est pas grave. Lui, là haut, dans les cieux, te comprend et c’est suffisant.

Compte sur Lui, pour que cette brûlure se transforme en chaleur. Une chaleur douce qui te rendra le sommeil la nuit. Une chaleur qui te protègera de tout. Une chaleur qui ne voudra que t’apaiser. Une chaleur qui te donnera tout l’amour du monde et qui guidera l’amour vers toi.

Compte sur Lui. Crois en Lui.

Apaise la brûlure en priant pour Lui et la chaleur reviendra dans ta vie.

Standard
texts

Tu as vu?

Tu as vu la ligne orange dans le ciel au coucher du soleil, celle qui est très fine et qui n’apparait pas trop, à moins que tu y prêtes attention?

Tu as vu les petites étoiles, qui ne brillent pas assez, elles sont généralement loin de la lune et que rarement on remarque?

Et dis moi, tu as vu les gouttes d’eau sur les pétales de rose à 4h du matin, celles qui se dissipent quand le soleil nous réchauffe?

Tu as vu le petit oiseau sur ta fenêtre qui te chante chaque matin, mais à qui personne ne tend l’oreille?

Non, tu n’as rien vu.

Je suis la fine ligne orange, les étoiles qui ne brillent pas assez, je ne suis pas proche de la lune et je me dissipe des pétales de roses lorsque le soleil se lève. J’aime chanter, mais je sais que tu ne l’as jamais remarquer. Je suis tout ce qui est difficile d’apprécier.

Et je sais que tu n’as rien vu.

Tu as vu? il faut apprécier ce que l’on a avant de le perdre

Non tu n’as toujours rien vu

Demain, tu te reveilleras, la fine ligne orange ne sera plus là. Les petites étoiles se confonderont avec l’obscurité. Les gouttes d’eau n’attendront plus le soleil et le petit oiseau ira chanter à une autre fenêtre.

 

 

 

 

Standard
texts

Derrière les barreaux

Derrière les barreaux, dans mon uniforme noir et blanc, je faisais les cent pas. Une voix sortit de nulle part m’avait dit que j’avais de la visite et j’attendais cela faisait peut-être deux minutes. Pour moi, c’était comme une étérnité.

J’étais là depuis six mois et je n’avais jamais eu de visite. On m’avait condamné. Une personne m’avait condamnée.

Un moment, et j’entendis des pas résonner dans le couloir, je vis une silhouette s’approcher. Il se fixa devant les barreaux, je le reconnaissais, ça faisait six mois que je ne l’avais plus revu. Il n’y avait ni gendarmes ni autres prisoniers, j’étais la seule ici. La seule enférmée.

Il me regarda, d’un regard que je ne pouvais pas intérpréter. Ou plutôt, que je ne pouvais plus intérpréter. Parce qu’il y avait un moment où je pensais que je savais lire, que je pouvais comprendre mais non. Sinon je ne serais pas là.

Il avait cette allure d’innocence et ce n’était qu’une allure. J’avais une allure de criminelle et ce n’était qu’une allure. Il fallait renverser les deux mondes, il fallait que je sois en libérté et que lui, goûte la vie d’un prisonnier. Mais le monde n’était-il pas déjà à l’envers?

Il ne parla pas. Il s’assit par terre, le dos contre le mur et alluma une cigarette. Je m’assis alors par terre sans dire un mot. Je ne savais pas quoi dire. Il fallait ressentir quelque chose pour dire, et moi je ne ressentais rien.

Un oiseau s’est posé sur ma petite fenêtre, il chantait. Il était tout petit, il était beau, il était libre. Il resta quelques secondes et s’envola à nouveau. Une larme glissait sur ma joue sans le vouloir.

L’autre me fixa de plus près, se leva et écrasa sa cigarette. Et d’un tour de clefs, il ouvrit la portière et s’introduit dans la cellule, il alla s’assoir sur le lit dégoûtant de la prison en laissant la porte ouverte.

J’étais devant la porte, à deux pas de la libérté. Lui, était dérrière moi, me fixant toujours. J’avais peur de m’enfuir, peut-être avait-il une arme? Mais… Allait-il vraiment l’utiliser contre moi? Je ne fis rien, je restais figer entre la libérté et la prison. Entre un couloir vide devant moi et un homme qui portait du passé me fusillant du regard.

D’un geste de tête il me fit signe de sortir. Je ne bougeai pas. Il se leva, s’approcha de moi, et me sortit de la prison calmement, doucement. J’étais dehors, la porte était toujours ouverte, il était dedans.

Il s’enferma derrière les barreaux et me balança les cléfs. Il s’assit par terre, le dos contre le lit dégoûtant de la prison.

“Va-t-en maintenant” me dit-il

Six mois que je n’avais pas entendu cette voix.

“Mais, ne sois pas aussi cruel que moi…Viens me visiter…Une fois ou deux…”

Une larme coulait sur ma joue encore une fois sans le vouloir. Je lui jetta les cléfs et courut jusqu’à la sortie.

Il pouvait sortir, mais sans moi. Il pouvait trouver la libérté, mais pas avec moi.

Et je disparus dans un monde fou où la plupart des gens n’avait pas remarqué mon absence et où la plupart des gens ne remarquerons certainement pas ma présence à nouveau de l’autre côté des barreaux.

 

Standard