texts

Un quotidien qui m’échappe

À l’aube.

Une valise à la main. L’air glacial se réfugie dans ma peau. Un taxi jaune arrive, je monte.

À la radio, une chanson, une langue qui m’est inconnue. À la fenêtre, une ville qui se réveille dans mes yeux. Il n’est que 5 heures du matin, les rues sont vides, les révérbères sont allumés et une boulangerie ouvre ses portes.

Lorsque je ne suis pas là, lorsque je suis à l’autre bout du monde, ces rues et ces gens, continuent à vivre. Les gens continuent à s’aimer, les gens continuent à se séparer, mais je ne le ressens pas, je ne le vois pas. Comme si tout cela n’existait pas.

Lorsque je ne suis pas là, lorsque je suis à l’autre bout du monde, tu te lèves chaque matin, tu prends ton café, tu marches dans ces rues-là, tu rencontres des gens. Les soirs, tu sors dans un bar, peut-être celui-là, ou peut-être l’autre. Lorsque je ne suis pas là, tu fais de nouvelles rencontres, tu apprécies certains, d’autres non. Lorsque je ne suis pas là, tu aimes la vie, et parfois non. Lorsque je ne suis pas là, tu vois le soleil d’un autre angle, et la nuit, la lune vient se poser partout où tu regardes.

Lorsque je ne suis pas là, lorsque je suis à l’autre bout du monde, tu écoutes ta musique, tu rêves en cachette, tu déprimes parfois, et parfois tu savoures la vie.

Lorsque je ne suis pas là, la vie continue. Ta vie continue. C’est normal. Et la normalité me tue.

Aujourd’hui je suis là. C’est un jour comme un autre pour cette ville. Pour moi, ce n’est pas le cas. Pour moi, c’est un espoir, c’est une joie de m’introduire dans ce quotidien dont je suis privée d’habitude. Pour moi, c’est savourer un bout de rêve, c’est te voler une partie de ton quotidien. Pour moi, c’est avoir peut-être une chance. Pour moi, c’est casser la normalité.

Quand je partirais à nouveau et lorsque je ne serais pas là, lorsque je serais à l’autre bout du monde, je serais jalouse de ce bout de quotidien que j’ai vécu. Je redeviendrais étrangère à cette ville, je redeviendrais étrangère à ce quotidien et au tien.

J’imaginerais comment les journées passent, comment les nuits se terminent. J’imaginerais un quotidien qui ne m’appartient pas. Je me verrais moi-même m’introduire dans cette ville, comme une voleuse, pour me remémorer de ce parfum, pour me remémorer de ce quotidien qui m’échappe, et du tien.

 

 

 

 

 

Advertisements
Standard
texts

Un labyrinthe de miroir

Un labyrinthe de miroir, une drôle d’idée pour divertir les gens dans un parc d’attraction.

Des dizaines de miroirs déformants t’entourent et tu te faufiles entre eux, tu regardes ta silhouette se déformer, tu rigoles, c’est drôle, surtout quand tu y vas avec des amis.

À la fin de ce labyrinthe, un miroir normal t’attend. Et tu te poses devant, tu ne rigoles plus là. Face à la réalité, ton image qui te fixe, qui te regarde bien dans les yeux, qui découvre des traits qui n’étaient pas avant, des traces de fatigue peut être, des yeux dont il est difficile d’y lire le vrai secret, mais on ressent quelque chose qui a changé, on ne sait pas quand exactement, durant laquelle de ces circonctances, mais on ressent que quelque chose a changé.

C’est juste un miroir, mais c’est le seul dans ce labyrinthe qui te fais penser à qui tu es vraiment. C’est le seul qui te dit: “avant de partir, voilà qui tu es, souviens toi. Tu riais avant, mais là, non “. Tu rentreras chez toi, tu retrouveras ton miroir quotidien, mais tu es tellement pris par la vie, que parfois tu ne t’atardes plus sur ton reflet. Mais là, en te regardant dans un miroir qui n’est pas le tien, tu sais qu’il s’est passé tant de choses, tu sais que ton reflet n’est plus le même.

La personne à l’autre bout du miroir a-t-elle vécu les mêmes choses? Elle me regarde pour me dire que tout ira bien, que tout s’arrangera, elle me fait même un petit sourire que je lui rends.

Je tends la main, elle fait de même. Elle est en détresse et moi aussi, elle veut y croire et moi aussi, elle essaye de sourire et moi aussi. Elle voudrait dire tant de choses, et moi aussi. Elle me regarde comme si elle ne me reconnaissait plus, et moi aussi.

Je m’en vais, je sors de ce labyrinthe. Je rentre chez moi. Mon reflet m’attend. Si je perds dans ce monde, je gagnerais dans l’autre, à l’autre bout du miroir.

“Tout ira pour le mieux dans les deux mondes”, je lui avais chuchoté. Et elle avait sourit pour la première fois, avec, dans ses yeux une étincelle qui vivait là avant et qui s’appellait l’espoir.

 

Standard
texts

Si je pouvais je resterais à jamais ici

Je voyais de mon hublot les lumières de la ville, la mer et le port. Je voyais mon reflet aussi, pas très rassurée mais ravie de voir enfin ma destination.

Je connaissais le nom de certaines rues par coeur, je me débrouillais bien sans connaitre la langue, j’avais encore des choses à découvrir, j’aimais tellement cette ville.

Dès mon arrivée, je prendrais un de ces taxis jaunes pour aller au port. Je trouverais un spot convenable pour me libérer, me laisser emporter par la brise du soir, par l’étrangeté de cet endroit et par son charme.

Je te dirais de me retrouver au port. Tu seras surpris que je sois revenue. Je te dirais de m’attendre au cente ville. Tu me demanderas si je suis vraiment revenue. Je te dirais de me retrouver devant la Cathédrale que tu connais bien. Et là, tu te décideras peut-être à venir et tu me demanderas sûrement pourquoi je suis revenue.

Le taxi jaune pour aller au port est ma priorité cette fois. Tout dégager, s’attendre au meilleur comme au pire. Se vider tant qu’on peut avant d’encaisser à nouveau.

On se rapproche encore plus de la terre, je vois désormais la ville avec plus de détails. Le ciel est plus beau ici, le temps passe plus vite. Les journées semblent avoir un sens, les nuits ont un air plus doux. La vie se passe ici, les espoirs naissent ici et le future se joue ici.

Les roues enfin sur le sol, je m’apaisais un peu.  S’il le fallait je reviendrais des millions de fois et si je pouvais je resterais à jamais ici.

 

 

 

Standard
texts

Reste face à l’océan

Ne fais pas attention, détourne ton visage, regarde de l’autre côté de l’océan, imagine ce qui a l’autre bout, ne regarde pas en arrière, tu auras mal.

Si tu entends une voix, ne te retourne pas, laisse la résonner dans ta tête sans qu’elle puisse atteindre ton âme, laisse la dire ce qu’elle a à dire, entends la, mais ne l’écoute pas trop

Si tu sens une main te tirer, ne te retourne pas, ne te laisse pas emporter par sa force ou même par sa douceur, reste face à l’océan, le bleu des vagues te tendra la main, ne regarde pas en arrière

Si tu sens des yeux posés sur toi, ferme les tiens, respire, échappe toi, ne te retourne pas, ne les regarde pas en face, même pour quelques secondes, cela ne servira à rien

Ne te retourne pas, reste face à l’océan.

Si un jour, cette voix te fera face, tu pourras mieux l’entendre, si cette main décidera de tenir la tienne face à l’océan au lieu de te tirer, tu pourras avancer, si ces yeux fixeront les tiens sans avoir peur de se dévoiler, là tu pourras lire des choses que l’océan lui même ne pourra pas le faire.

D’ici là, reste face à l’océan, sa voix ne te décevra pas, et son bleu t’apaisera avant de t’emporter vers un nouveau coucher de soleil.

 

Standard
texts

Un rayon de soleil

Chaque personne recherche un rayon de soleil quelque part, ce petit bout de lumière, un jour, dans le passé disparu.

Au quotidien, on le recherche dans les endroits les moins attendus et dans d’autres où l’on s’y attend le plus.

Ce rayon est différent selon ce que nous recherchons, selon ce qui nous manque. Parfois il est plus dure de le trouver, parfois il nous échappe et parfois, très rarement, on le croise, et il reste pour toujours.

Ce petit bout de lumière jaillit parfois dans l’obscurité, dans les instants où on n’arrive plus à y croire, dans nos moments les plus dures, où l’on se dit qu’il n’y a peut être pas de lumières.

Mais il y en a toujours. Chacun croise son rayon de soleil un jour, quelque part. Une raison de plus pour croire aux rêves, à l’imaginaire.

Une raison de plus pour ne pas perdre son rayon de soleil, pour ne pas passer à côté, une fois l’avoir croisée.

 

Standard
texts

Une équipe de vie

Un match de foot, un résumé de notre vie.

On se bat pour marquer un but, puis un deuxième et encore un troisième. On veut rester dans le jeu, pour 90mins et même plus.

On ne se lasse pas, même après une perte. On continue d’avancer, de plus en plus fort avec le temps.

On ne choisit pas toujours notre équipe, la vie nous offre des rencontres, nous permet de croiser des personnes, qui seront là, malgré tout, et pour toujours. Cette équipe devient ta famille, tes amis, ton amour et toute une vie. C’est ton équipe qui ne te decevra pas et avec qui tu partageras les meilleurs moments. C’est une équipe de vie.

L’adversaire sera toujours redoutable, il faudra se battre. On ne sera pas toujours chez soi, la vie nous imposera de nouvelles expériences, de nouveaux obstacles, loin de chez nous, mais toujours avec le soutien de ceux que nous aimons.

Comme un match de foot, l’essentiel dans la vie, c’est de savourer le moment présent, de rêver d’un futur meilleur et d’être entouré de ton équipe de vie pour résister à l’inconnu.

Ton équipe de vie peut être une seule personne, ou plusieurs, l’important est d’avancer, non pas seul, mais avec ceux qui choisissent les mêmes batailles que toi.

Il s’agit d’un amour pour toujours, une seule équipe, une seule vie et une fiérté incomparable que l’on garde à l’intérieur de nous jusqu’à la fin des temps.

Standard
texts

Un poisson en apnée

Un poisson avec deux pieds et deux mains. Un poisson qui marche dans les rues, dort dans un lit et utilise les couverts pour manger.

Un poisson qui vit sur terre et qui possède une forme humaine. Mais c’est un poisson qui n’arrive pas bien à respirer. C’est normal, un poisson vit dans l’eau.

Le temps passe, les jours se suivent, le poisson ne retrouve pas son oxygène dans sa vie humaine, il comprend sans comprendre ce qui perturbe sa vie. En fait, c’est comme un humain en apnée, qui ne sait pas trop quand il retrouvera la surface. Il s’agit donc d’un poisson en apnée et qui ne sait pas trop quand il retrouvera l’eau.

Parfois le poisson en apnée voyait des images lui faisant rappeler l’eau, ou croyait entendre le  bruit des profondeurs dans les coquillages, et il se disait, mais pourquoi l’océan m’a poussé loin de lui? Pourquoi l’océan ne revient pas me chercher?

Le poisson, par peur de se faire rejeter par l’océan, restera en apnée sur la terre. Pour lui, l’eau c’est la vie, la sécurité et l’amour…Et c’est difficile de se faire rejeter par ces élèments là, c’est difficile de se faire rejeter par l’océan. Il va donc préfèrer garder une image positive de l’océan, ne pas trop l’approcher en tant que poisson humain.

Fallait-il apprendre à respirer mieux sur terre? Fallait-il attendre que l’océan revienne?

Il fallait peut être mieux apprendre à respirer et vivre sur terre.

Peut être un jour, avec la force de l’univers, l’océan reviendra inonder la ville, montera jusqu’à la haute tour construite par les humains et redonnera vie à ce poisson en apnée.

 

 

Standard